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Le Qatar réclame un calendrier pour l'application du plan Annan en Syrie

02/06/2012 08:54 EDT | Actualisé 02/08/2012 05:12 EDT

Le Qatar a demandé samedi à l'émissaire international Kofi Annan de fixer un calendrier pour la mise en oeuvre de son plan de paix en Syrie, où les combats entre forces gouvernementales et rebelles faisaient rage.

Le plan de paix du médiateur de l'ONU Kofi Annan, qui prévoit en premier lieu la fin des hostilités, est resté lettre morte, et le pays est au bord de la guerre civile selon de nombreux dirigeants internationaux.

Lors d'une réunion ministérielle arabe sur la Syrie, en présence de M. Annan, le Qatar a en outre évoqué un recours au chapitre VII de la charte des Nations unies qui autorise un recours à la force.

"Nous demandons au Conseil de sécurité de placer les six points (du plan Annan) sous le chapitre VII pour que la communauté internationale assume ses responsabilités" envers la Syrie, a déclaré le Premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, qui préside le comité ministériel arabe.

La Ligue arabe semble cependant divisée sur la question de l'option militaire. Avant la réunion, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi avait indiqué avoir écrit au Conseil de sécurité de l'ONU pour lui demander "d'entreprendre toutes les actions nécessaires pour protéger le peuple syrien", sans pour autant évoquer d'intervention militaire.

Burhan Ghalioun, le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition d'opposition syrienne, avait dit s'attendre à ce que les pays arabes "haussent le ton" contre le régime de Damas qui n'a fait montre d'"aucune intention pour un règlement politique".

M. Ghalioun a par ailleurs "souhaité la mise en place d'une force arabe de dissuasion" en Syrie, sans donner de précisions.

Sur le terrain, les troupes syriennes ont mené des perquisitions à la recherche de militants anti-régime dans la province de Homs (centre), y tuant un civil, ainsi qu'à Hama (centre) et Deraa (sud).

Dans cette dernière ville, six soldats ont péri dans des combats avec des rebelles, selon l'OSDH. Huit autres soldats ont été tués lors de combats avec des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, force d'opposition armée composée essentiellement de déserteurs) près de Damas.

Au total, 27 personnes ont péri dans les violences samedi, dont 15 soldats.

Signe que les violences ne sont pas prêtes de cesser, des responsables de l'ASL avaient annoncé vendredi qu'ils reprenaient les "opérations défensives", s'estimant affranchis des engagements pris dans le cadre du plan Annan.

Les dirigeant internationaux ont souligné à l'unisson le risque grandissant de guerre civile totale, mais étalé au grand jour leurs divisions quand à la façon de faire cesser la spirale des violences qui ont fait plus de 13.400 morts depuis mars 2011.

"Nous voyons des éléments précurseurs d'une guerre civile. C'est extrêmement dangereux", a déclaré à Berlin le président russe Vladimir Poutine, allié indéfectible du régime Assad, tout en jugeant impossible de résoudre la crise "par la force".

Le président François Hollande a estimé quand à lui qu'il n'y avait "pas de solution possible" sans le départ de Bachar al-Assad. Un sondage à paraître dans le journal Ouest-France indique qu'une majorité de 58% de Français sont favorables à une intervention militaire en Syrie sous l'égide de l'ONU.

"Il doit y avoir des sanctions" contre le régime syrien, a également déclaré M. Hollande, ajoutant qu'il connaissait "les risques de déstabilisation, avec les risques de guerre civile" en Syrie.

M. Poutine a rétorqué en mettant de nouveau en doute l'efficacité des sanctions. Il a par ailleurs nié toute livraison d'armes à la Syrie utilisables dans une guerre, comme le lui reprochent notamment les Etats-Unis.

La Russie et la Chine ont bloqué au Conseil de sécurité des résolutions occidentales contre le régime de Damas, qui ne reconnaît pas la contestation en l'assimilant à du terrorisme et semble profiter des dissensions internationales pour poursuivre sa répression.

Au Liban voisin, quatre personnes ont été tuées et 20 autres blessées vendredi et samedi lors de nouveaux affrontements entre partisans et opposants au régime syrien à Tripoli, selon une source sécuritaire.

Dix personnes avaient déjà été tuées à la mi-mai entre pro et anti-Assad dans cette principale ville du nord du pays.

La révolte en Syrie exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et reste profondément divisé entre adversaires et partisans d'Assad.

bur-cnp/vl

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