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Le Qatar demande un calendrier pour l'application du plan Annan

02/06/2012 07:52 EDT | Actualisé 02/08/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre du Qatar a demandé samedi à l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan de fixer un calendrier pour la mise en oeuvre de son plan de paix dans ce pays, et évoqué un recours au chapitre VII de la charte des Nations unies qui autorise un recours à la force.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a pour sa part plaidé pour "un calendrier" pour la mise en oeuvre du plan Annan et proposé de modifier le mandat des observateurs militaires non armés pour en faire "une force de paix".

Les deux hommes se sont exprimés à l'ouverture d'une réunion ministérielle arabe sur la Syrie, en présence de l'émissaire international, dont le plan de paix est resté lettre morte.

"Nous demandons à M. Annan de fixer un calendrier pour sa mission car il est inadmissible que les massacres et l'effusion de sang continuent alors que la mission se poursuit indéfiniment", a déclaré le Premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani.

"Nous demandons au Conseil de sécurité de placer les six points (du plan Annan) sous le chapitre VII (de la Charte de l'ONU) pour que la communauté internationale assume ses responsabilités" à l'égard de la poursuite de la sanglante répression en Syrie, a-t-il ajouté.

Le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit la possibilité d'un recours à la force en cas de menaces contre la paix.

"Le régime syrien commet une erreur s'il parie sur la poursuite de sa politique" actuelle, a averti le Premier ministre qatari, déplorant "l'absence de progrès" dans la mise en oeuvre du plan Annan.

Le régime de Bachar al-Assad "n'a pas appliqué le premier point et il a ignoré les autres points" du plan, a-t-il dit.

Dans son intervention, le secrétaire général de la Ligue arabe a proposé de modifier le mandat des observateurs qui, désormais au nombre de près de 300, sont chargés de superviser un cessez-le-feu, constamment violé depuis son entrée en vigueur le 12 avril.

"Une modification du mandat des observateurs ou la transformation (de ce corps) en une force de la paix sont des alternatives", a déclaré M. Arabi.

"Ce que l'on demande maintenant, ce n'est pas de s'assurer, mais de superviser un arrêt de la violence", a-t-il ajouté.

"La violence a atteint des niveaux totalement inacceptables", a déclaré de son côté M. Annan, ajoutant avoir demandé au président Assad, qu'il a récemment rencontré à Damas, de se conformer à son plan.

"J'ai dit à Assad qu'il devrait agir maintenant pour appliquer tous les points du plan", a-t-il précisé, avant d'avertir que "le spectre inquiétant d'une guerre totale de dimension confessionnelle augmente au fil des jours".

Le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, présent à la réunion, a affirmé que "le peuple syrien est plus que jamais déterminé à obtenir la chute du régime", devenu "un danger pour la sécurité et la stabilité du Proche-Orient".

M. Ghalioun a indiqué à l'AFP espérer "la mise en place d'une force arabe de dissuasion".

Il a par ailleurs annoncé que l'opposition syrienne, minée par ses divisions, devrait tenir "un congrès avant la fin du mois" pour unifier ses rangs.

Présidé par le Qatar, le comité ministériel arabe regroupe l'Arabie saoudite, Oman, l'Egypte, le Soudan, l'Algérie, l'Irak et le Koweït.

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