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La campagne d'Obama malmenée par les mauvais chiffres du chômage

02/06/2012 07:00 EDT | Actualisé 02/08/2012 05:12 EDT

MINNEAPOLIS - Les mauvaises nouvelles tombées sur le front de l'emploi aux Etats-Unis portent un coup à la campagne de Barack Obama. La remontée du chômage risque de mettre à mal l'un des principaux arguments du président sortant, qui s'est présenté comme un artisan de la reprise économique, et d'apporter de l'eau au moulin de son rival républicain Mitt Romney.

Si la tendance avait joué en la faveur du président démocrate cet hiver, la croissance s'est révélée décevante au premier trimestre et le chômage est reparti à la hausse en mai, pour la première fois depuis 11 mois, augmentant de 0,1 point à 8,2% de la population active.

Le Département du Travail a également annoncé vendredi que les employeurs américains n'avaient créé que 69.000 emplois en mai, le chiffre le plus bas de l'année. Et il a revu à la baisse les créations d'emplois des deux mois précédent, retirant 49.000 postes.

Ces annonces ont fait chuter vendredi Wall Street, où l'indice Dow Jones des valeurs industrielles a perdu 274 points, soit 2,2%, effaçant la plupart de ses gains de l'année.

Aucun président américain depuis la Grande dépression n'a fait campagne pour sa réélection avec un chômage aussi élevé qu'aujourd'hui. Et dans le passé, les sortants ont perdu quand le chômage était en hausse.

Passant à l'offensive, Mitt Romney, désormais assuré d'être le candidat des républicains à la présidentielle de novembre, s'est emparé des derniers chiffres, évoquant une "nouvelle accablante". Le pays semble "faire marche arrière", a-t-il estimé.

Dans un entretien sur le réseau télévisé CNBC, le millionnaire républicain a affirmé que les politiques menées par Barack Obama et sa gestion de l'économie venaient d'être "durement sanctionnées".

La croissance économique, a reconnu Barack Obama vendredi, n'est pas "aussi rapide que nous le voulons". Il a renouvelé avec vigueur sa demande que le Congrès adopte certaines de ses propositions en faveur des créations d'emploi. Les républicains sont obnubilés par l'objectif de "battre Obama", a-t-il accusé, espérant que cette mentalité changerait s'il était réélu.

Plus tard, lors d'une soirée de récolte de fonds à Minneapolis, il a souligné que les quatre dernière années avaient été la période de l'histoire américaine plus difficile que les Américains aient connus "certainement depuis les années 30". "Nous ne sommes pas encore tirés d'affaire", a-t-il dit, tout en défendant les "efforts tenaces" de son administration.

L'économie américaine, qui tente de se remettre de la pire récession qu'aient connu les Etats-Unis depuis la Grande dépression, a dû faire face à un certain nombre de facteurs extérieurs, des prix élevés du pétrole aux catastrophes naturelles, puis aujourd'hui, la crise de la dette en Europe et l'affaiblissement de l'économie chinoise.

La tendance depuis le début de l'année a placé Barack Obama sur la défensive et renforcé les inquiétudes de la Maison Blanche vis-à-vis de la situation internationale. La crise au sein de la zone euro est une "ombre" qui pèse sur l'économie américaine, a dit le président sortant, plaidant pour l'adoption de mesures qui permettent de "servir de protection au cas où la situation en Europe empirerait". AP

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