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Arrivée des fils Moubarak au procès où ils sont jugés avec leur père

02/06/2012 02:14 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Les fils du président égyptien déchu Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, sont arrivés samedi matin au tribunal qui doit prononcer le verdict dans le procès où il sont jugés avec leur père, a indiqué l'agence officielle Mena.

L'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et six anciens hauts responsables des services de sécurité, eux aussi jugés, sont également arrivés à l'école de police où siège la cour, a ajouté l'agence.

L'ancien président, contre qui la peine capitale a été requise, est quant à lui attendu "dans l'heure" au tribunal, selon la Mena. En détention provisoire dans un hôpital militaire proche du Caire, il doit arriver en hélicoptère.

Le tribunal doit dire si l'ancien président est reconnu coupable de la mort de près de 850 manifestants pendant le soulèvement populaire qui l'a renversé l'an dernier.

M. Adli et ses six anciens collaborateurs sont jugés pour le même motif. Alaa et Gamal Moubarak sont poursuivis pour corruption, une inculpation qui pèse aussi sur leur père.

L'audience se tient sous très haute sécurité. Des centaines de policiers anti émeutes et des blindés de l'armée entouraient le bâtiment pour prévenir les heurts qui se sont produits à plusieurs reprises devant le bâtiment entre pro et anti Moubarak.

Devant le tribunal, une vingtaine de membres des familles de victimes, venus d'Alexandrie, brandissaient des portraits de leurs "martyrs".

"Exécution pour le fils de chien!", "Trente ans de torture et de meurtre de la jeunesse, il faut que le déchu soit exécuté", scandaient-ils.

Mais les familles disent ne pas avoir d'illusions sur l'issue du procès.

"Je m'attends à un verdict humiliant" pour les proches des victimes, affirme ainsi Mustapha Morsi, dont le fils a été tué devant un poste de police le 28 janvier 2011, le jour le plus meurtrier du soulèvement.

Oussama Maghazi, atteint à la main à Alexandrie, est venu avec une grande photo de lui blessé.

"La comédie qui a précédé cette audience, tout le long du procès, n'inspire pas confiance", dit-il.

Premier dirigeant emporté par le Printemps arabe à comparaître en personne devant les juges, M. Moubarak est jugé depuis le 3 août 2011 par un tribunal installé dans une école de police de la périphérie du Caire, qui un jour a porté son nom.

Tout au long du procès, M. Moubarak est apparu couché sur une civière dans le box grillagé. Sa santé a fait l'objet de nombreuses spéculations: il souffrirait de problèmes cardiaques mais le ministère de la Santé a démenti qu'il ait un cancer, contrairement à ce qu'avait assuré son avocat.

Le verdict intervient entre les deux tours de l'élection présidentielle, la première depuis la chute de M. Moubarak. Le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi affrontera le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq, au second tour les 16 et 17 juin.

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