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Affrontements meurtriers entre partisans et adversaires du régime syrien dans le nord du Liban

02/06/2012 05:05 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Des affrontements entre partisans et adversaires du régime syrien ont fait au moins sept morts et 22 blessés à Tripoli dans le nord du Liban, ont annoncé samedi des responsables de la sécurité libanaise.

Les heurts ont éclaté peu avant zéro heure samedi et se sont intensifiés dans les heures qui ont suivi. Le mois dernier, au moins huit personnes sont mortes dans des accrochages à Tripoli, le conflit syrien débordant chez son voisin libanais. Les partisans des insurgés syriens sont de confession sunnite musulmane alors que les défenseurs du régime du président Bachar el-Assad appartiennent comme lui à la minorité alaouite issue de l'islam chiite.

"Nous sommes visés parce que nous soutenons le peuple syrien", a déclaré à un homme armé, sunnite, à Associated Press Television News. "Nous sommes avec vous (peuple syrien) et nous ne vous abandonnerons pas."

En Syrie, les forces gouvernementales ont bombardé samedi Houla dans la province de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme et les comités locaux de coordination, qui ne précisent pas s'il y a des victimes. Houla, groupement de petites localité agricoles, a été le théâtre le 25 mai d'un massacre qui a fait 108 morts dont 49 enfants de moins de dix ans, selon un bilan des Nations unies.

Au Qatar, Burhan Ghalioun, président du Conseil national syrien (CNS), a déclaré samedi qu'il se réjouirait d'une intervention militaire arabe destinée à mettre fin aux attaques du régime de Bachar el-Assad contre les rebelles syriens et les civils. Il a tenu ces propos avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe pour discuter de la situation en Syrie.

Des pays du Golfe comme l'Arabie saoudite et le Qatar ont promis des fonds pour aider les rebelles syriens, mais il n'y a pas de preuve attestant que l'argent parvient aux forces anti-Assad ou que les rebelles sont mieux armés. La Ligue arabe, toutefois, ne semble pas prête à déployer ses propres troupes.

A l'issue de la réunion, les ministres ont publié un communiqué appelant les deux principaux opérateurs de satellites du monde arabe, Arabsat (Arabie Saoudite) et Nilesat (Egypte), à suspendre la diffusion des chaînes de télévision publiques et privées de Syrie.

Cette mesure, qui empêcherait le régime de présenter sa version du soulèvement, est considérée comme une nouveau pas en avant de la Ligue arabe de faire pression sur Damas, suspendu de cette organisation l'an dernier.

La télévision syrienne a répondu rapidement, affirmant que cette mesure "fait partie de l'agression contre la Syrie et a pour but de réduire au silence la voix de son peuple". Elle ajoute que cette décision est destinée à "cacher les faits sur ce qui se passe en Syrie".

Afin d'essayer de juguler la violence en Syrie, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elaraby, a suggéré que la mission d'observation de l'ONU, forte de près de 300 hommes, ait désormais un rôle de maintien de la paix.

"Ce qu'il faut aujourd'hui, ce n'est plus seulement observer et enquêter, mais contrôler que la violence cesse", a déclaré Nabil Elaraby lors de la réunion. "Une des alternatives pourrait être d'amender le mandat des observateurs pour qu'ils deviennent une force de maintien de la paix."

Egalement présent à Doha, l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue Arabe en Syrie Kofi Annan a prévenu les dirigeants arabes que "le spectre d'une guerre civile totale, avec une dimension sectaire importante, augmente de jour en jour" en Syrie, et il a ajouté que la crise se propageait à des pays voisins, faisant apparemment référence au Liban.

Le plan de paix en six points "n'est pas mis en oeuvre, comme il devrait l'être", a-t-il déclaré. "La situation est complexe, et il faut que tous ceux qui sont impliqués dans le conflit agissent de manière responsable pour que la violence cesse. Mais la première responsabilité incombe au gouvernement syrien, et au président Assad", a-t-il ajouté. Il a appelé le président syrien à mettre en oeuvre le plan et "prendre immédiatement des mesures courageuses et visibles".

A Bruxelles, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a affirmé pour sa part qu'il ne devrait pas y avoir d'amnistie pour les crimes commis en Syrie, même si d'éventuelles poursuites pourraient inciter les membres du régime à s'accrocher au pouvoir à tous prix. "Il ne peut pas y avoir d'amnistie pour des crimes très graves", a-t-elle déclaré dans un entretien à l'Associated Press. AP

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