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USA: le chômage remonte et fait craindre un ralentissement prolongé

01/06/2012 01:24 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Le taux de chômage des Etats-Unis est remonté en mai pour la première fois en un an et les mauvais chiffres de l'emploi publiés vendredi font désormais craindre un ralentissement prolongé de l'économie américaine.

Le taux de chômage américain a augmenté de 0,1 point par rapport à avril, pour retrouver son niveau de mars (8,2%), alors que le rythme des embauches était le plus lent en douze mois, avec seulement 69.000 créations de poste nettes dans le pays en mai, selon le rapport mensuel sur l'emploi du département du Travail.

Mauvaise nouvelle supplémentaire pour les Américains, le ministère a revu à la baisse de 33% son estimation des créations de postes d'avril, à 77.000 seulement.

Le rythme mensuel moyen des créations d'emplois en avril et mai apparaît ainsi trois fois plus lent qu'au premier trimestre, où il avait été particulièrement robuste.

La publication de ces chiffres a fait chuter les places financières européennes et Wall Street.

"Il commence à y avoir une ressemblance épouvantable entre 2012 et 2011", note Nigel Gault, économiste du cabinet IHS Global Insight, rappelant que l'année dernière avait commencé sur de "grands espoirs de voir l'économie passer à la vitesse supérieure", avant que ceux-ci ne soient "déçus".

Selon la dernière estimation officielle du produit intérieur brut américain de l'hiver, publiée jeudi, la croissance économique américaine a ralenti considérablement au premier trimestre, n'atteignant que 1,9% en rythme annualisé (contre 3,0% d'octobre à décembre).

Lors de sa dernière réunion de politique monétaire, fin avril, la banque centrale (Fed) a indiqué que le ralentissement économique ne devrait être que passager, mais les derniers indicateurs économiques commencent à faire douter de la validité de ce pronostic.

Pour Jeffrey Rosen, économiste du cabinet Briefing, les chiffres de l'emploi confirment que "le marché du travail, qui semblait si prometteur de novembre à mars, a changé de direction".

"Au lieu de se lancer dans des embauches nécessaires pour augmenter leur production, les entreprises se serrent la ceinture et se préparent à une économie léthargique", ajoute-t-il.

Pour Sal Guatieri, de BMO Marchés des capitaux, c'est désormais "officiel": "Les nuages orageux en provenance d'Europe ont pratiquement mis un coup d'arrêt aux embauches, assombrissant de manière menaçante les perspectives de l'économie".

Plus optimiste, Ian Shepherdson du cabinet HFE, estime que le ralentissement actuel est lié à la hausse des prix de l'essence, qui commence à se calmer, et veut donc croire à des jours meilleurs pendant l'été.

M. Gault estime pour sa part que les facteurs d'incertitudes susceptibles de ralentir les plans d'embauches des entreprises sont nombreux, et qu'ils ne se limitent pas à l'Europe. Il cite notamment l'inconnue de la trajectoire prise par les économies émergentes, comme la Chine, l'évolution incertaine de la politique budgétaire américaine et le point d'interrogation que constitue l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

Dans la perspective de cet affrontement entre le président sortant Barack Obama et le républicain Mitt Romney, les deux camps se sont saisis des chiffres de l'emploi pour faire valoir leur point de vue.

La Maison Blanche a affirmé qu'ils montraient à quel point il était crucial de poursuivre la politique économique du gouvernement, seule capable à ses yeux de faire sortir le pays du "trou profond provoqué par la récession".

M. Romney a estimé pour sa part qu'il s'agissait d'une "nouvelle accablante" dont il a rendu M. Obama responsable.

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