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Une jeune femme soudanaise condamnée à la lapidation pour adultère (ONG)

01/06/2012 11:14 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Une jeune femme soudanaise a été condamnée à la lapidation pour adultère, ont indiqué deux organisations internationales de défense des droits de l'Homme, un cas rare sous le régime islamique au Soudan.

Selon l'organisation Human Rights Watch (HRW), basée à New York, Intissar Sharif Abdallah, âgée probablement de moins de 18 ans, a été condamnée en avril par un juge de la région de Khartoum et est détenue en prison avec son bébé.

Son affaire "présente de graves violations des lois locales et internationales", a-t-elle précisé dans un communiqué publié jeudi soir.

Une autre organisation de défense des droits de l'Homme, Amnesty International, a affirmé qu'elle avait 20 ans et qu'elle avait été condamnée le 13 mai.

Cette affaire a été passée sous silence par les médias officiels soudanais.

Intissar Abdallah a été condamnée en vertu d'une clause du code pénal qui prévoit la mort par lapidation pour les conjoints ayant commis un adultère, selon HRW. Le juge s'est basé sur le seul aveu de la femme qui a parlé après avoir été battue par un membre de sa famille. Elle n'avait ni avocat ni interprète bien que l'arabe ne soit pas sa langue maternelle.

Selon cette ONG, le Soudan est l'un des sept pays au monde à prévoir la lapidation comme châtiment.

"Des juges soudanais ont condamné à la lapidation plusieurs femmes ces dernières années mais les tribunaux ont annulé tous ces jugements en appel", a-t-elle ajouté. De plus, "la grande majorité des cas d'adultère et des verdicts de lapidation concernent des femmes, d'où une application inégale de la loi".

HRW a appelé le Soudan à "abolir la mort par lapidation et d'autres châtiments corporels et à réviser les lois discriminatoires à l'égard des femmes et des filles".

Amnesty International a rapporté des détails similaires sur cette affaire, en ajoutant que la famille avait fait appel de la sentence. "La condamnation à mort a été imposée en violation des lois internationales, et son exécution violerait aussi bien le droit soudanais que le droit international".

Le Soudan applique la charia, ou loi islamique, qui prévoit aussi des coups de fouet pour comportement ou tenue "indécents" et pour ceux qui gèrent des maisons closes.

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