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Syrie: le Conseil des droits de l'homme de l'ONU condamne le massacre de Houla

01/06/2012 04:30 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

GENÈVE - Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a fermement condamné, vendredi, le massacre de 108 civils la semaine dernière dans le centre de la Syrie, une attaque que la communauté internationale impute aux troupes gouvernementales syriennes et à des hommes de main du régime.

Mais la Russie, plus important allié du régime syrien, a voté contre le texte et a appuyé les conclusions du gouvernement syrien au sujet du massacre. Le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué affirmant que la tuerie a été «bien planifiée par des militants dans le but de faire dérailler les efforts de règlement politique de la crise syrienne».

Plus tôt dans la journée lors d'une visite à Berlin, le président russe, Vladimir Poutine, avait affirmé que la Russie voulait aider l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, à obtenir des «résultats positifs» et à empêcher une guerre civile en Syrie.

La majorité des 47 pays membres du Conseil des droits de l'homme ont appuyé la résolution présentée par les États-Unis et les pays arabes, qui «condamne de la manière la plus ferme le recours à la force contre des populations civiles» dans la région de Houla.

Selon une enquête préliminaire de l'ONU, au moins 49 enfants âgés de moins de 10 ans ont été tués la semaine dernière à Houla. Des familles entières auraient été massacrées chez elles.

La résolution demande une «enquête internationale transparente, indépendante et rapide» pour faire la lumière sur le massacre. Le texte fait écho aux appels de la Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, qui demande au Conseil de sécurité d'envisager de référer le dossier à la Cour pénale internationale.

Il s'agit jusqu'à maintenant de la condamnation la plus ferme de la Syrie par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui met en évidence l'isolement croissant du régime syrien au sein de la communauté internationale. Seules la Russie, la Chine et Cuba ont voté contre la résolution. L'Ouganda et l'Équateur se sont abstenus, tandis que les Philippines n'ont pas participé au vote.

De nouvelles violences ont été signalées sur le terrain vendredi. Selon des militants, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants qui dénonçaient le massacre de Houla dans différentes régions du pays.

Une vidéo amateur apparemment tournée à Mazzeh, un quartier huppé de Damas, montre des gens dans une mosquée qui scandent «La mort est mieux que l'humiliation!» et qui accusent les soldats syriens d'être des traîtres.

Des manifestations ont notamment eu lieu dans la capitale, dans la province de Daraa, dans le sud, dans les régions d'Idlib et d'Alep, dans le nord, à Lattaquié, sur la côte, et dans les régions de Hama et de Homs, dans le centre du pays.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les forces gouvernementales ont tiré sur les manifestants dans la province de Daraa, en banlieue de Damas et à Alep, la plus grande ville du pays.

Plusieurs personnes auraient été tuées, mais aucun bilan précis n'était disponible dans l'immédiat.

La Croix-Rouge a déclaré vendredi que des milliers de personnes déplacées dans la foulée du massacre de Houla avaient un urgent besoin d'aide.

«Ces gens ont tout laissé derrière eux pour sauver leur peau», a expliqué Marianne Gasser, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge en Syrie. «La plupart des déplacés sont des femmes et des enfants.»

Plusieurs déplacés ont trouvé refuge dans les écoles et les édifices publics d'un village des environs.

«Il n'y a pas assez de nourriture, d'eau et de médicaments pour tout le monde, ce qui met beaucoup de pression sur ce petit village», a-t-elle souligné.

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