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Somalie: ne pas laisser le champ libre aux "seigneurs de guerre" (Ban Ki-moon)

01/06/2012 06:19 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a appelé vendredi à prévenir "un vide de pouvoir que pourraient exploiter les seigneurs de guerre" somaliens après la période de transition en août, lors d'une conférence internationale à Istanbul sur la Somalie.

"Nous avons urgemment besoin d'aide pour éviter un vide de pouvoir que pourraient exploiter les seigneurs de guerre", a déclaré M. Ban lors de la deuxième et dernière journée de cette conférence qui réunit les représentants de 54 pays.

Il a insisté sur la nécessité de gagner "la confiance" de la population, "en particulier dans les zones récemment reprises aux terroristes shebab".

Les forces pro-gouvernementales en Somalie ont pris fin mai la ville-clé d'Afgoye, à 30 km de la capitale Mogadiscio, autour de laquelle vivent plusieurs centaines de milliers de déplacés, infligeant un nouveau revers aux insurgés islamistes shebab intégrés à Al Qaïda.

Les shebab ont abandonné Mogadiscio en août, et ont été confrontés à la pression d'une offensive militaire régionale dans le reste du centre et sud du pays, où les armées éthiopienne et kényane interviennent depuis fin 2011.

"La fin de la transition marque le début d'une nouvelle phase dans le processus politique, une nouvelle phase de dialogue où toutes les voix somaliennes doivent être entendues", et "tous les Somaliens, quel que soit leur sexe, clan ou affiliation politique doivent pouvoir prendre part aux élections", a-t-il ajouté.

"Je demande aux donateurs de contribuer à cet effort critique. Face au terrorisme, à la piraterie et à la sécheresse, la Somalie a besoin de solidarité", a ajouté le secrétaire général.

Rongée par plus de 20 ans de guerre civile, et sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991, la Somalie doit accoucher d'ici le 20 août de nouvelles institutions pour remplacer les actuels gouvernement et parlement de transition, en place depuis plusieurs années.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, les ministres britannique et italien des Affaires étrangères et le président ougandais Yoweri Museveni assistent à la conférence d'Istanbul, qui fait suite à une précédente en février à Londres.

Le ministre des affaires étrangères du Somaliland, région du nord qui s'est déclarée indépendante, est également présent, de même que les "présidents" du Pount et du Galmudug, deux régions du nord-est autoproclamées autonomes, selon des sources concordantes.

Le président somalien Sharif Cheik Ahmed a pour sa part souligné la nécessité d'une participation internationale aux efforts pour la reconstruction de l'infrastructure de son pays.

"Après la Conférence de Londres, nous voulons maintenant la mise en place d'une véritable action, d'une action pratique", a-t-il souligné.

Il a également indiqué que son pays aspirait à une "réconciliation" des différentes régions de la Somalie, et la création d'une "armée nationale", demandant pour cela une "implication internationale" pour sa formation et son entraînement.

"Notre objectif est de concevoir une nouvelle structure d'Etat qui préparera un environnement permettant l'établissement d'une vie normale durable", a déclaré pour sa part le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu.

La Turquie est très présente, notamment sur le plan humanitaire, en Somalie, où M. Erdogan s'était rendu en août dernier, lors d'une rare visite d'un dirigeant étranger dans ce pays dominé par les conflits de clans, l'insécurité et la piraterie maritime.

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