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Nigeria: la police tire des gaz contre des manifestants à l'université de Lagos

01/06/2012 06:58 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

LAGOS, Nigeria - La police nigériane a tiré des gaz lacrymogènes, vendredi, pour disperser plusieurs centaines d'étudiants et de jeunes chômeurs qui manifestaient dans la plus grande ville du Nigeria pour dénoncer la décision du président de changer le nom de l'une des meilleures universités du pays.

La manifestation devant l'université de Lagos a commencé pacifiquement. Les étudiants ont encerclé un véhicule blindé de la police, sur lequel ils ont déposé des feuilles de palmier, un symbole souvent utilisé dans les manifestations au Nigeria.

Plusieurs manifestants avaient commencé à retourner dans l'université quand une altercation a éclaté entre certains manifestants et la police. Les policiers ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes, provoquant la panique parmi la foule. Un haut responsable de la police a lancé des pierres aux étudiants au milieu des tirs de gaz lacrymogènes.

Au moins un étudiant a été incommodé par les gaz et a dû être transporté à l'écart. Les policiers ont brièvement arrêté un manifestant.

La colère vient de la décision du président Goodluck Jonathan de changer le nom de l'université de Lagos pour qu'elle devienne l'université Moshood Abiola, en hommage à un prisonnier politique mort en détention il y a une dizaine d'années.

Moshood Abiola était un homme d'affaires considéré comme le vainqueur de l'élection présidentielle de 1993, annulée par le dirigeant militaire de l'époque, le général Ibrahim Babangida. Son successeur, le général Sani Abacha, a emprisonné Moshood Abiola par la suite. L'homme d'affaires est mort en prison au moment où les militaires remettaient le pouvoir aux civils.

Des étudiants et de jeunes chômeurs ont manifesté à plusieurs reprises contre le changement de nom de l'université au cours des dernières semaines. L'établissement a subitement déclaré un congé de deux semaines mercredi, mais plusieurs étudiants sont toujours présents dans les résidences du campus et continuent d'organiser des manifestations.

Les étudiants sont «vraiment très en colère contre le changement de nom décidé par le président», a expliqué Afolabi Adebanjo, un étudiant qui a participé à l'organisation de la manifestation de vendredi. Selon lui, le président aurait d'abord dû proposer d'améliorer les installations vieillissantes de l'université, par exemple en construisant de nouveaux édifices, et de les nommer ensuite au nom de Moshood Abiola.

Après avoir dispersé la manifestation, la police a tenté d'établir une trêve en achetant de l'eau pour les manifestants et en offrant de l'argent pour faire venir un disc-jockey afin de transformer la manifestation en fête extérieure improvisée.

Plusieurs étudiants ont indiqué qu'ils continueraient de manifester.

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