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Mali: le MNLA dénonce l'accord de fusion avec les islamistes d'Ansar Dine

01/06/2012 07:44 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont "dénoncé l'accord" de fusion annoncé le 26 mai avec les islamistes d'Ansar Dine, en raison de désaccords sur l'application de la charia (loi islamique), a annoncé vendredi le MNLA dans un communiqué.

"Le Bureau politique du MNLA, devant l'intransigeance d'Ansar Dine sur l'application de la charia dans l'Azawad, et pour être fidèle à sa ligne de conduite résolument laïque, dénonce l'Accord en date du 26 mai 2012 avec cette organisation et en déclare nulles et non avenues toutes dispositions y afférent", indique le court texte daté de Gao (nord du Mali) et signé par Hamma Ag Mahmoud, membre du Bureau politique du MNLA, et transmis à l'AFP à Paris.

Joint par l'AFP à Tombouctou (nord-ouest du Mali), un proche d'Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Dine, a confirmé l'impasse, mais sans exclure des retrouvailles.

"Depuis jeudi, nous avons dit au MNLA que les discussions pour nous sont terminées. Il n'est pas question de revenir en arrière" sur la charia, a affirmé ce proche, Walil Ag Chérif, contacté depuis Bamako.

"Pour nous, c'est terminé. Si le MNLA le veut, il vient (avec Ansar Dine), s'il ne veut pas, c'est bon", a-t-il ajouté, soulignant cependant, sans plus de détails, que tous les responsables du MNLA, ceux du Mali ou basés en Mauritanie ou en France, "ne disent pas la même chose".

Aucun responsable du MNLA n'avait pu être joint dans le nord du Mali, où est installé le "comité exécutif du mouvement", incluant son secrétaire général Bilal Ag Chérif qui avait signé le protocole d'accord le 26 mai avec le MNLA, ni en Mauritanie ni en France, où le mouvement a des représentants.

L'annonce de la fusion d'Ansar Dine, un mouvement allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et du MNLA avait soulevé de très vives critiques au sein de la communauté touareg dans le nord du Mali, ainsi que dans les rangs du MNLA, un mouvement qui se veut laïc et visant l'indépendance de la région de l'Azawad, s'étendant du nord-est au nord-ouest du Mali.

Mais dès le 28 mai le constat de divergences fortes sur la charia avait empêché d'aboutir à un communiqué final.

Il n'était "pas question" pour Ansar Dine "de revenir sur l'application de la charia", qui est son objectif affiché pour l'ensemble du territoire malien, tandis que le MNLA indiquait "chercher une formule acceptable par tous" mais que cette formule n'était "toujours pas trouvée".

Le protocole d'accord entre les deux organisations portait sur une fusion au sein d'un "Conseil transitoire de l'Etat islamique de l'Azawad" - rejeté par le gouvernement malien, l'Afrique de l'Ouest ou encore l'Union africaine.

Ansar Dine et son allié Aqmi, adepte du jihad (guerre sainte), sont désormais dominants, aux dépens du MNLA, dans l'immense Nord malien qui échappe au pouvoir central depuis deux mois, une partition de fait précipitée par le coup d'Etat militaire du 22 mars à Bamako.

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