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L'ultimatum fixé à Damas par des rebelles expire, appel à manifester

01/06/2012 04:47 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Un ultimatum fixé par des responsables de la rébellion au régime du président Bachar al-Assad pour que celui-ci mette fin à la répression expire vendredi à 09h00 GMT, au moment même où les opposants appellent à manifester en hommage aux 49 enfants tués à Houla le 25 mai.

Sur leur page Facebook, les militants anti-régime ont appelé à manifester après la prière hebdomadaire, en hommage aux enfants victimes du massacre commis à Houla (centre), les qualifiant de "flambeaux de la victoire" de la révolte.

Dans le même temps, la télévision d'Etat a invité la population à réciter la prière des morts "dans toutes les mosquées de Syrie" pour les victimes du carnage qui a fait 108 morts au total selon l'ONU, et dont opposition et régime se rejettent la responsabilité.

Face à la répression incessante, des responsables de l'Armée syrienne libre (ASL), force d'opposition armée composée essentiellement de déserteurs, ont sommé le régime d'appliquer le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, qui prévoit un arrêt des violences.

"Si le régime syrien ne respecte pas le délai de vendredi midi (09H00 GMT), le commandement de l'Armée syrienne libre annonce qu'il ne sera plus tenu par aucun engagement lié au plan Annan (...) et notre devoir sera (...) de défendre les civils", a indiqué dans un communiqué le commandement de l'ASL à l'intérieur de la Syrie.

Ce commandement mène des opérations contre les troupes du régime en territoire syrien. Il est théoriquement chapeauté par le Conseil militaire supérieur de l'ASL basé en Turquie, qui ne soutient pas cet ultimatum, signe des clivages au sein de l'opposition armée.

Mais différentes factions locales de l'ASL, faisant valoir par des vidéos la poursuite des violences, ont repris à leur compte cet ultimatum.

"Nous joignons nos voix à celle de nos camarades du Conseil militaire de la province meurtrie de Homs (...) et nous appelons ce régime criminel à cesser les violences, retirer l'armée, libérer les prisonniers, et rendre le pouvoir immédiatement", a indiqué le chef du Conseil militaire d'Idleb (nord-ouest) dans une vidéo mise en ligne jeudi.

Il s'est engagé à mettre en oeuvre l'ultimatum, tout comme le Conseil militaire de Deir-Ezzor, qui a fait état dans cette province de l'est du pays de tirs d'artillerie lourde par les forces gouvernementales sur la ville d'Al-Chalil.

Si quelques jours d'accalmie ont suivi la mise en place du cessez-le-feu le 12 avril, les affrontements ont repris de plus belle ces dernières semaines entre l'armée régulière et l'opposition armée.

Trente-cinq soldats ont été tués jeudi selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, sur les 73 personnes qui ont péri ce jour là dans les violences en Syrie.

Parallèlement à ces menaces, un groupuscule qui a revendiqué plusieurs attentats meurtriers en Syrie, le front Al-Nosra, a lancé un appel aux armes, incitant dans une vidéo mise en ligne jeudi ses combattants à venger le massacre de Houla.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a mis en garde contre le risque d'une "guerre civile catastrophique" après ce massacre.

Un haut responsable de l'ONU a affirmé mardi avoir de "forts soupçons" sur l'implication des "chabbiha", des miliciens pro-régime, dans le massacre de Houla.

Damas a balayé les propos du secrétaire général de l'ONU et rejeté en bloc jeudi les soupçons pesant sur les forces du régime quant à leur responsabilité dans le massacre de Houla.

"Des groupes armés ont tué des familles pacifiques" car elles "avaient refusé de se soulever contre l'Etat", selon le général Kassem Jamal Sleimane, chargé par Damas d'enquêter sur cette tuerie.

Sur le front diplomatique, l'attention est tournée vers la Russie, alliée indéfectible de Damas et dotée d'un droit de veto au Conseil de sécurité, dont l'opposition à toute nouvelle action de l'ONU sur la Syrie paralyse la communauté internationale.

Le président russe Vladimir Poutine, qui effectue sa première tournée depuis son élection, se rend à Berlin et Paris vendredi, où il affrontera des pressions pour infléchir son soutien à Damas.

La Syrie sera également au menu du sommet Russie-UE dimanche et lundi.

M. Annan, en tournée chez les voisins de la Syrie, qui craignent une contagion de la crise à toute la région, doit s'exprimer à Beyrouth après avoir rencontré le Premier ministre Najib Mikati.

Un groupe jusque-là inconnu, "Révolutionnaires de Syrie-Province d'Alep", a affirmé jeudi détenir le groupe de Libanais chiites enlevés le 22 mai en Syrie.

Le Liban, profondément divisé entre sympathisants et opposants au régime syrien, a été secoué par des heurts meurtriers, et l'enlèvement mercredi et jeudi de trois nouveaux Libanais par des Syriens dans la zone frontalière a exacerbé les tensions.

bur-cnp/feb

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