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Les Syriens appelés à manifester leur colère une semaine après Houla

01/06/2012 06:44 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Les militants ont appelé les Syriens à manifester leur colère vendredi, une semaine après le massacre de 49 enfants à Houla, l'escalade dans les violences ayant amené la rébellion à fixer un ultimatum au régime au delà duquel elle se dégageait du plan de paix de Kofi Annan.

A la veille de l'expiration, vendredi à midi (09H00 GMT), de l'ultimatum demandant au régime de cesser sa répression, les forces gouvernementales ont exécuté douze ouvriers près de Qousseir (centre), alors que ceux-ci rentraient de leur travail dans une usine de fertilisants, ont indiqué des militants à l'AFP.

"Les travailleurs se trouvaient dans un bus lorsqu'ils ont été forcés de s'arrêter à un point de contrôle à la périphérie de Qousseir", une ville près de Homs, a indiqué Salim Kabbani, membre des Comités locaux de coordination, précisant qu'ils ont été "exécutés sommairement" jeudi après-midi. "Les forces du régime ont lié leurs mains derrière leur dos et leur ont tiré dessus", a-t-il ajouté.

Sur leur page Facebook, les militants anti-régime ont appelé à manifester après la prière hebdomadaire, en hommage aux enfants victimes du massacre commis à Houla (centre), les qualifiant de "flambeaux de la victoire" de la révolte.

Dans le même temps, la télévision d'Etat a invité la population à réciter la prière des morts "dans toutes les mosquées de Syrie" pour les victimes du carnage qui a fait 108 morts au total selon l'ONU, et dont opposition et régime se rejettent la responsabilité.

La spirale de violences sans fin fait craindre désormais un basculement du conflit armé dans une véritable guerre civile. Plus de 13.400 personnes sont mortes depuis le début mi-mars 2011 de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a mis en garde jeudi contre le risque d'une "guerre civile catastrophique".

La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a appelé vendredi la communauté internationale à soutenir le plan Annan et à enquêter sur les violations en Syrie afin d'éviter un "conflit à part entière" dans le pays, qui représenterait un "grave danger" pour la région.

Face à la répression incessante, des responsables de l'Armée syrienne libre (ASL), force d'opposition armée composée essentiellement de déserteurs, ont sommé le régime d'appliquer le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, qui prévoit un arrêt des violences.

"Si le régime syrien ne respecte pas le délai de vendredi midi (09H00 GMT), le commandement de l'Armée syrienne libre annonce qu'il ne sera plus tenu par aucun engagement lié au plan Annan (...) et notre devoir sera (...) de défendre les civils", a indiqué dans un communiqué le commandement de l'ASL à l'intérieur de la Syrie.

Ce commandement mène des opérations contre les troupes du régime en territoire syrien. Il est théoriquement chapeauté par le Conseil militaire supérieur de l'ASL basé en Turquie, qui ne soutient pas cet ultimatum, signe des clivages au sein de l'opposition armée.

Mais différentes factions locales de l'ASL, faisant valoir par des vidéos la poursuite des violences, ont repris à leur compte cet ultimatum.

"Nous joignons nos voix à celle de nos camarades du Conseil militaire de la province meurtrie de Homs (...) et nous appelons ce régime criminel à cesser les violences, retirer l'armée, libérer les prisonniers, et rendre le pouvoir immédiatement", a indiqué le chef du Conseil militaire d'Idleb (nord-ouest) dans une vidéo mise en ligne jeudi.

Il s'est engagé à mettre en oeuvre l'ultimatum, tout comme le Conseil militaire de Deir Ezzor, qui a fait état dans cette province de l'est du pays de tirs d'artillerie lourde par les forces gouvernementales sur la ville d'Al-Chalil.

Si quelques jours d'accalmie ont suivi la mise en place du cessez-le-feu le 12 avril, les affrontements ont repris de plus belle ces dernières semaines entre l'armée régulière et l'opposition armée.

Dix-huit soldats ont été tués jeudi selon l'OSDH, sur les 64 personnes qui ont péri ce jour là dans les violences en Syrie.

Parallèlement à ces menaces, un groupuscule qui a revendiqué plusieurs attentats meurtriers en Syrie, le front Al-Nosra, a lancé un appel aux armes, incitant dans une vidéo mise en ligne jeudi ses combattants à venger le massacre de Houla.

Sur le front diplomatique, l'attention est tournée vers la Russie, alliée indéfectible de Damas et dotée d'un droit de veto au Conseil de sécurité, dont l'opposition à toute nouvelle action de l'ONU sur la Syrie paralyse la communauté internationale.

Le président russe Vladimir Poutine, qui effectue sa première tournée depuis son élection, se rend à Berlin et Paris vendredi, où il affrontera des pressions pour infléchir son soutien à Damas.

En tout état de cause, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a exclu une intervention militaire.

"Actuellement, il n'y a aucune intention d'intervenir militairement" en Syrie, a déclaré M. Arabi au quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.

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