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Le journaliste Roméo Langlois remet une lettre des FARC au président français

01/06/2012 02:25 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Le journaliste français Roméo Langlois, de retour en France après un peu plus d'un mois de captivité aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a été reçu vendredi à l'Élysée par le président François Hollande, à qui il a remis une lettre des FARC.

Le journaliste a atterri dans la matinée à Paris, où il a été accueilli par la ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, avant de s'exprimer devant la presse.

En début d'après-midi, il a été reçu à l'Élysée par le président Hollande. Le journaliste est «libre et en bonne santé», a dit M. Hollande devant la presse après cette rencontre.

François Hollande a rappelé qu'il n'y avait eu «aucune tractation et aucun échange» contre sa libération. «J'ai reçu une lettre des FARC qui explique le sens de leur opération», a déclaré le président, en précisant que la lettre contenait des «excuses». Il a remercié les autorités colombiennes pour leur coopération.

À son arrivée à l'aéroport, Roméo Langlois avait expliqué que les FARC demandaient à la France de continuer à jouer son rôle de pays ami de la Colombie pour aider à trouver une solution au conflit.

Son enlèvement a permis à la guérilla de démontrer qu'elle est «encore active», a-t-il expliqué. «Ça fait huit ans que le gouvernement colombien mène une campagne extrêmement agressive pour dire: "ça y est, les FARC n'existent plus"», a-t-il dit. «Ce n'est pas le cas, la Colombie continue à être en guerre». Il y a aussi «une crise humanitaire extrêmement grave dont personne ne parle», a-t-il souligné.

Roméo Langlois a réaffirmé qu'il avait été relativement bien traité par ses ravisseurs. «J'ai eu beaucoup de chance. Les FARC m'ont dit très tôt que j'allais être relâché», a-t-il souligné. «J'avais confiance dans la parole du gouvernement colombien», a-t-il ajouté, en expliquant qu'il savait que la France avait demandé au gouvernement colombien de ne tenter aucune opération de sauvetage.

Roméo Langlois, âgé de 35 ans, a été enlevé le 28 avril par les FARC dans une attaque contre les forces de sécurité qu'il accompagnait dans une opération antidrogue. Trois soldats et un policier ont été tués, tandis que Roméo Langlois a été blessé au bras gauche. Il a été libéré mercredi dans le sud de la Colombie.

Le journaliste indépendant, qui réside en Colombie, travaillait notamment pour France-24. Il a réalisé de nombreux reportages d'enquête dans la région, particulièrement sur la guérilla marxiste des FARC dont il est l'un des spécialistes.

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