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L'économie canadienne a continué de perdre son élan au 1er trimestre

01/06/2012 09:04 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

OTTAWA - L'économie canadienne semble avoir entamé un période de croissance plus lente, affichant une décevante progression de 1,9 pour cent pour les trois premiers mois de 2012.

Ce taux de croissance du produit intérieur brut (PIB), identique à celui du trimestre précédent, était attendu par les économistes du secteur privé, mais il est inférieur à celui de 2,5 pour cent que projetait la Banque du Canada.

Et ce n'était pas la plus mauvaise des nouvelles économiques de vendredi.

Aux États-Unis, le marché de l'emploi n'a créé qu'un mince 69 000 nouveaux emplois en mai, ce qui est bien en deçà des attentes et encore plus de la création minimale de 200 000 emplois requise pour faire croître le marché du travail. C'est le troisième mois consécutif de données décevantes à ce chapitre au sud de la frontière.

Les statistiques sur le PIB au Canada et l'emploi aux États-Unis ont fait plonger les marchés boursiers à Toronto et à New York.

L'indice phare du parquet torontois, le S&P/TSX, a chuté de 152,01 points à 11 361,2 points. Sur Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a dégringolé de 274,88 points à 12 118,57 points, ce qui a achevé d'effacer les gains qu'elle avait réalisé depuis le début de l'année.

Le dollar canadien s'est pour sa part déprécié de 0,6 cent US à 96,21 cents US.

L'économie canadienne est largement dépendante du commerce avec le reste du monde, particulièrement avec les États-Unis, alors les données sur l'emploi au sud de la frontière expliquent probablement davantage le recul du huard que le rapport sur le PIB.

Les marchés étaient déjà destinés à connaître une journée difficile vendredi, puisque la Chine avait fait savoir, avant leur ouverture, que son indice des gestionnaires en approvisionnement avait reculé de 2,9 points de pourcentage à 50,4 points, soit juste au-dessus de la barre des 50 points qui signale une croissance.

Pas très positif, ni trop négatif

Des analystes ont estimé vendredi que si le rapport sur le PIB était loin d'être positif, il n'était toutefois pas assez négatif pour qu'on sonne l'alarme.

«Pour l'instant, une détérioration de l'économie canadienne est un risque, mais pas une réalité», a observé l'économiste en chef de la Banque TD, Craig Alexander.

«Les États-Unis sont très fragiles et, pour le Canada, l'environnement externe va avoir un gros impact. Nous sommes encore une très petite économie ouverte, l'essentiel de notre commerce est avec les États-Unis et nous faisons partie d'un système financier mondial et si l'Europe connaît une crise bancaire majeure, cela va nous affecter.»

Derek Holt, de la Banque Scotia, est d'accord, mais il se dit aussi inquiet du fait que l'économie nationale canadienne ne connaisse pas une performance plus dynamique.

À part pour les investissements d'affaires et le niveau insoutenable de la construction de maison — qui a vraisemblablement profité de l'hiver inhabituellement doux —, il ne se trouve pas beaucoup de points positifs dans le rapport sur le PIB, a noté M. Holt.

Le commerce a lourdement plombé les résultats, les dépenses des consommateurs pour des biens et services — qui a été si profitable à la croissance de 2011 — ont ralenti à 0,2 pour cent et les dépenses du secteur public ont eu un effet net négatif. Ces trois secteurs devraient rester faibles au deuxième trimestre.

Un risque additionnel réside dans le fait que les stocks ont représenté plus de la moitié de la croissance, ce qui laisse croire que les fabricants pourraient réduire leur production dans les mois à venir pour laisser le temps aux vendeurs de réduire leurs réserves.

«Toute l'histoire sur le fait que les risques que doit affronter le Canada sont liés aux événements à l'étranger est toujours là, en fait elle s'est intensifiée, mais ce qui a changé, c'est que l'économie nationale ne semble plus être aussi rose non plus», a noté M. Holt.

Le pétrole en baisse

Du côté positif des données, une partie de la faiblesse du premier trimestre est attribuable à un recul de la production minière liée en partie à des arrêts de maintenance dans le secteur du pétrole et du gaz naturel, et ces situations devraient être renversées dans les prochains trimestres.

Mais la croissance décevante de 0,1 pour cent affichée au mois de mars, le dernier du trimestre, ne semble pas annoncer un début de deuxième trimestre très vigoureux.

Les signes de faiblesse en provenance des deux plus grandes économies, jumelées à la crise des dettes de l'Europe qui a déjà fait plonger plusieurs pays en récession, ont en outre tiré vers le bas le cours du baril de pétrole de façon importante.

Le baril de pétrole brut de référence en Amérique du Nord a clôturé vendredi en baisse de 3,30 $ US à 83,04 $ US, ce qui vient s'ajouter au déclin de 17 pour cent qu'il a connu en mai. Le principal ingrédient de l'essence a chuté d'environ 23 $ US le baril depuis le début mai, même si le déclin du prix de l'essence dans les stations-service canadiennes a été bien moins important.

Le prix national du litre d'essence au Canada, tel que compilé par le site internet Gasbuddy.com, était d'environ 1,27 $ vendredi, en baisse par rapport à environ 1,30 $ il y a un mois. Comme d'habitude, les prix varient largement d'une région du pays à une autre. Le litre d'essence reste le moins cher à Edmonton, à 1,12 $, tandis qu'à l'opposé, il se vend le plus cher à Vancouver, à 1,47 $.

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