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Jean Charest demande aux étudiants de ne pas «nuire aux Québécois»

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QUÉBEC - Au lendemain de la rupture des pourparlers avec les étudiants, Jean Charest a exhorté les manifestants à ne pas «nuire aux Québécois» et à s'abstenir de perturber le Grand Prix de Formule 1 dans une semaine à Montréal.

À l'occasion d'un point de presse vendredi à Vaudreuil-Dorion, en banlieue de Montréal, le premier ministre a dit reconnaître aux étudiants le droit de manifester leur mécontentement, mais seulement de manière paisible, ordonnée et respectueuse de la loi.

Les Québécois «veulent une période d'accalmie», a insisté M. Charest, inquiet des répercussions que pourraient avoir les manifestations sur la saison touristique montréalaise et au premier chef, sur la présentation du Grand Prix de Formule 1, du 8 au 10 juin.

Compte tenu de l'importance de l'activité pour l'économie de Montréal, pour l'emploi et pour l'image de la métropole, les manifestants, «par respect pour les Québécois», devraient renoncer à perturber le Grand Prix, a fait valoir le premier ministre.

«C'est bien beau manifester contre Jean Charest, manifester contre le gouvernement, mais là, ils sont en train de nuire aux Québécois et aux gens chez qui ils cherchent des appuis. Je pense qu'ils doivent faire un examen de conscience des gestes qu'ils posent. S'ils avaient des messages à passer, je pense qu'on peut conclure que les messages ont été passés, ils ont été reçus», a-t-il affirmé.

Peu avant la suspension des pourparlers jeudi avec la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne, un négociateur de la CLASSE a laissé entendre que le Grand Prix serait la cible des étudiants en colère.

«On va vous l'organiser votre Grand Prix», a lancé à la ministre l'un des quatre négociateurs délégués par la CLASSE à la table des discussions, en réaction à une offre gouvernementale jugée inacceptable.

D'ici là, une grande manifestation au rythme des tintements de casseroles doit se tenir samedi à Montréal à l'invitation du porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois.

M. Charest a prévenu les initiateurs qu'ils avaient la responsabilité «d'encadrer» les manifestations. En vertu de la loi 78, les responsables doivent fournir à la police un préavis de huit heures comportant en outre le trajet emprunté.

«C'est à ces personnes-là que revient la première responsabilité et je m'attends à ce qu'elles l'assument totalement», a-t-il dit.

Pour la suite des choses, le premier ministre a assuré que la porte du gouvernement demeurait ouverte pour une reprise des discussions avec les représentants étudiants. Ces derniers devront toutefois renoncer au gel ou au moratoire sur les droits de scolarité, a-t-il fait comprendre.

«Ce n'est pas ce qu'il nous faut au Québec. L'avenir n'est pas dans le gel ni dans le moratoire», a estimé M. Charest.

Jusqu'ici, les efforts consentis par Québec, comme l'étalement de la hausse des droits de scolarité sur sept ans, les bonifications apportées au régime des prêts et bourses et l'introduction d'un mécanisme de remboursement de la dette proportionnel au revenu, n'ont pas permis de dénouer l'impasse.

Le gouvernement fera tout pour régler avec les étudiants et rétablir la paix sociale mais «pas à n'importe quel prix», a averti le premier ministre.

L'appel au calme du chef du gouvernement au lendemain de la suspension des pourparlers coïncidait par ailleurs avec un changement de garde à la tête de la Fédération étudiante collégiale (FECQ).

Arrivé au terme de son mandat de deux ans, Léo Bureau-Blouin a passé officiellement vendredi la main à Éliane Laberge, âgée de 19 ans, étudiante au collège Rosemont.

«Je souhaite bien sûr que Mme Laberge puisse réussir là ou moi j'ai échoué, soit mener ce conflit à un règlement», a dit M. Bureau-Blouin aux côtés de la nouvelle dirigeante de la FECQ.

Néanmoins, le président sortant a dit quitter ses fonctions avec la conviction «d'avoir poussé le plus loin» possible les efforts pour en arriver à une entente.

Quant à elle, Mme Laberge a exprimé sa volonté de plonger immédiatement dans la mêlée à la recherche d'une sortie de crise.

«Ma volonté de résoudre la crise est aussi grande que celle de mon prédécesseur. Mon premier acte comme présidente de la FECQ sera de contacter le cabinet de la ministre Courchesne», a-t-elle dit.

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