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France/procès de l'excision: 24 et 18 mois de prison pour les parents

01/06/2012 12:34 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Les parents de quatre jeunes filles excisées en France ont été condamnés vendredi à 2 ans de prison ferme pour le père et 18 mois pour la mère.

Six et huit ans de prison ferme avaient été requis à l'encontre de ce couple d'origine guinéenne, arrivé en France à la fin des années 1980 et poursuivi pour "complicité de violence volontaire ayant entraîné une mutilation sur une mineure de moins de 15 ans par un ascendant".

Reconnus coupables par la cour d'assises de Nevers (centre), ils ont écopé de cinq ans de prison, dont trois ans avec sursis, pour le père, et de quatre ans, dont 30 mois avec sursis, pour la mère.

"Ils seront convoqués par le juge d'application des peines qui verra en fonction des éléments familiaux dans quelle mesure la peine peut être aménagée. Il n'est pas certain que Monsieur et Madame aillent en prison", a précisé le président du tribunal.

Durant son réquisitoire, l'avocat général Axel Schneider a estimé qu'"une condamnation qui ne serait pas assortie d'une peine ferme" n'aurait "aucun sens".

"Je ne réclame pas un symbole" mais "le risque existe encore" pour la plus jeune des filles, victime d'un début d'excision en 2009, a-t-il relevé.

"Si je ne suis pas l'avocat de l'excision, vous n'êtes pas les juges de l'excision", avait plaidé pour sa part l'avocat des parents, Me Guillaume Valat.

"L'excision ne va pas s'arrêter avec ce procès", a-t-il lancé aux jurés.

"Pour que la peine ait un sens, il faut que ce procès ne soit pas une fin mais un début. Vous ne devez pas les exclure de notre société", a conclu Me Valat, non sans avoir souligné que si les parents étaient envoyés en prison, les deux mineures seraient placées dans un foyer.

Un peu plus tôt, Me Linda Weil-Curiel, avocate de la Commission pour l'abolition des mutilations sexuelles (Cams), qui s'est constituée partie civile, s'est interrogée : "les parents pouvaient-ils légitimement ignorer que l'excision était interdite en France ?"

"Ce procès doit être le dernier !", a-t-elle clamé.

"Au nom de quoi les parents ont pu s'approprier une partie de leurs enfants ?", s'est demandée pour sa part l'avocate des deux cadettes de 11 et 13 ans, Me Nathalie Bouvier-Longeville. Les deux aînées de 18 et 20 ans n'ont pas renouvelé leur constitution de partie civile à leur majorité.

"Ca paraît insupportable que des parents aimants aient pu faire ça. Car ce sont des parents aimants, pas des monstres", a-t-elle ajouté, pointant du doigt le "conflit de loyauté" auquel étaient confrontées leurs quatre filles.

Mardi, les deux aînées avaient défendu leurs parents, la plus âgée disant même "ne pas comprendre pourquoi (ils) se retrouvaient au tribunal".

Entre deux sanglots, la mère a dit regretter ce qui s'était passé. "Aujourd'hui, je serais moins passive. L'excision ce n'est pas bien", a-t-elle poursuivi.

"Ce qui m'importe plus que tout, c'est l'état de ma famille. Plus que ma propre maladie. Je m'excuse pour ce qui s'est passé", a dit de son côté le père, ancien marabout victime d'un accident vasculaire cérébral en 2003.

L'excision, une coutume ancestrale en Afrique, continue d'être pratiquée malgré d'importantes campagnes de sensibilisation et des lois de plus en plus répressives. Cette mutilation traditionnelle des filles consiste en une ablation totale ou partielle du clitoris, des petites et parfois des grandes lèvres à l'entrée du vagin.

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