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Conflit en Syrie : Hollande et Poutine ne sont pas sur la même longueur d'ondes

01/06/2012 05:47 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français et son homologue russe ont montré leurs divergences sur la résolution du conflit en Syrie, vendredi, lors d'une conférence de presse commune à l'Élysée.

Après une réunion et un dîner de travail, François Hollande a souligné son seul point d'accord avec Vladimir Poutine: le constat d'un «risque de guerre civile» en Syrie et la volonté de trouver une «solution politique» au conflit.

Pour le reste, les deux chefs d'État, visiblement distants à l'issue de leur première rencontre, n'ont pas caché leurs divergences.

«Là où nous pouvons avoir des analyses différentes, c'est sur les responsabilités et sur le départ de Bachar el-Assad, que je considère être un préalable pour la transition politique», a affirmé François Hollande.

Le régime syrien «s'est conduit de manière inacceptable, intolérable et a commis des actes qui le disqualifient», a-t-il estimé. «Il n'y aura de sortie possible de cette situation qu'avec le départ de Bachar el-Assad», a-t-il affirmé.

Pour obtenir un résultat, «il doit y avoir des sanctions, il doit y avoir des pressions», a-t-il insisté.

Vladimir Poutine a quant à lui souligné sa volonté d'impliquer le régime syrien dans le processus, en se fixant pour objectif de «réconcilier toutes les parties en conflit».

«S'agissant de M. Assad, je peux vous dire qu'il a visité beaucoup plus souvent Paris que Moscou, donc regardons ce problème sous cet angle là aussi», a lancé le président russe, un brin provocateur.

Ce à quoi François Hollande a rétorqué: «Sur les visites des présidents Assad père et fils, je n'ai aucune responsabilité. C'est un autre temps, d'autres époques».

Hafez el-Assad, l'ancien président syrien mort en 2000, a été reçu une fois à Paris par Jacques Chirac en 1998. Mais il s'est aussi rendu une fois à Moscou, en 1999. Son fils Bachar el-Assad est venu deux fois à Paris, en 2008 et en 2009. Il s'est rendu trois fois à Moscou, en 2005, 2006 et 2008.

«Lorsque j'entends que la Russie a des intérêts spécifiques dans ce pays, je peux vous dire que c'est une erreur totale», a affirmé Vladimir Poutine. «Nous n'avons pas beaucoup de commerce. Nous n'avons pas beaucoup de coopération militaire avec la Syrie.»

Au sujet des sanctions, Vladimir Poutine s'est une nouvelle fois montré en désaccord avec le président français. «Les questions de ce genre doivent être débattues d'abord au conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il affirmé en mettant en doute l'efficacité de sanctions. «L'essentiel, c'est d'éviter que la situation évolue selon le pire des scénarios et éviter la guerre civile par le biais de moyens politiques», a-t-il déclaré.

Il a cité l'exemple de l'Irak et de la Libye. «Est-ce que ces pays ont plus de sécurité, vers quoi évolueront-ils? Est-ce que vous avez une réponse? Non», a-t-il lancé. La Russie bloque toute résolution sur la question syrienne au Conseil de sécurité des Nations unies, où elle dispose d'un droit de veto.

Vladimir Poutine a indiqué qu'il avait invité François Hollande à venir le visiter à Moscou.

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