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USA: les livraisons d'armes de la Russie à la Syrie sont "condamnables"

31/05/2012 03:15 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a dénoncé jeudi des livraisons d'armes "condamnables" de la Russie à la Syrie et a qualifié de "mensonge flagrant" les conclusions d'une commission d'enquête syrienne sur le massacre de Houla (centre).

"En ce qui concerne le mouillage d'un navire transportant des armes russes, c'est évidemment un sujet de très grave inquiétude étant donné que le gouvernement syrien continue d'utiliser la force contre des civils", a déclaré à la presse Mme Rice.

"Techniquement, ce n'est pas une violation des lois internationales puisqu'il n'y a pas d'embargo sur les armes (à destination du gouvernement syrien), a-t-elle reconnu, mais il est condamnable qu'un flot d'armes continue de parvenir à un régime qui utilise la force de manière aveugle et terrible contre son propre peuple".

Le navire russe, baptisé Professeur Katsman, a été repéré le 26 mai aux environs du port syrien de Tartous et venant de Grèce, a indiqué à l'AFP Sadia Hameed, de l'ONG Human Rights First. Elle a dit ne pas être en mesure de préciser avec certitude la nature de la cargaison par manque de document officiel. "Nous pensons que le navire transportait des armes legères et des munitions", a-t-elle estimé.

La Russie est le principal allié de Damas et son principal fournisseur d'armes mais Moscou fait valoir que ses ventes d'armes sont légales et n'ont pas d'influence sur le conflit en Syrie.

Selon l'ambassadeur russe Vitaly Tchourkine, les ventes d'armes russes à la Syrie "correspondent à divers contrats signés il y a longtemps, sont légales eu regard du droit international et ne contribuent pas à la violence armée actuelle en Syrie".

Mme Rice a aussi qualifié de "mensonge flagrant" les premières conclusions d'une commission d'enquête syrienne sur le massacre de Houla (centre de la Syrie) qui exonèrent l'armée syrienne de toute responsabilité.

Selon les résultats préliminaires de l'enquête menée par les autorités syrienne, le massacre commis le 25 mai a été perpétré par des "groupes armés", terme utilisé par Damas pour désigner l'opposition syrienne. Les victimes "avaient refusé de se soulever contre l'Etat et étaient en désaccord avec les groupes armés", a indiqué le chef de cette commission d'enquête justice-armée.

L'ONU, sur la base des constats de ses observateurs sur place, a attribué une partie des quelque 108 morts à des tirs d'artillerie de l'armée et le reste à des attaques de miliciens pro-régime.

Interrogée par des journalistes sur les résultats de l'enquête syrienne, Mme Rice a dénoncé "un mensonge flagrant de plus".

"Il n'y a pas de preuve concrète pour étayer" cette thèse, a-t-elle affirmé en se référant aux constatations des observateurs sur le terrain. "Il n'y a pas d'ambiguïté sur l'usage d'armes lourdes et sur le fait que des milices sont responsables des tueries perpétrées de maison à maison".

"Ce qui s'est passé est tout à fait clair", a-t-elle conclu.

Le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, avait affirmé qu'"une partie" des personnes tuées à Houla l'ont été par des éclats d'obus, soulignant que "seul le gouvernement syrien a l'usage de blindés, de canons et de mortiers". D'autres victimes ont été tuées à l'arme blanche, avait-il ajouté, "ce qui désigne probablement les +chabbiha+" (miliciens pro-régime).

avz/eg/lor

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