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Un médicament contre le diabète augmenterait les risques de cancer de la vessie

31/05/2012 06:43 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

TORONTO - Une nouvelle étude renforce la conviction voulant que les gens prenant le médicament Actos contre le diabète soient davantage à risque de développer un cancer de la vessie.

Selon un groupe de chercheurs montréalais, les personnes souffrant de diabète de type 2 qui prennent ce médicament ont 80 pour cent plus de chances de développer un cancer de la vessie que les gens qui n'en consomment pas. Pour ceux qui prennent ce médicament sur une période prolongée, le risque serait encore plus élevé.

Ainsi, les gens prenant ce médicament pendant plus de deux ans ont plus de deux fois plus de chances de développer un cancer que les personnes n'en consommant pas. Celui-ci, dont le nom générique est pioglitazone, est conçu pour être pris à long terme.

Plus tôt cette année, Santé Canada a mis en garde contre des signaux émergents indiquant que l'utilisation du pioglitazone pouvait être liée à des taux élevés de cancer de la vessie. L'agence a alors demandé au fabricant, Takeda, de mettre à jour l'étiquette du médicament pour tenir compte des risques.

L'étude a été réalisée par des chercheurs de l'Université McGill et de l'Hôpital juif de Montréal. Les scientifiques ont examiné les dossiers médicaux de 115 727 Britanniques qui ont commencé à prendre des médicaments pour lutter contre le diabète de type 2. Parmi ceux-ci, 376 ont développé un cancer de la vessie, comparativement à près de 6700 qui n'ont jamais développé de tumeurs.

La recherche ne permet cependant pas de déterminer clairement l'effet de la prise du médicament sur le risque absolu de développer un cancer de la vessie. L'étude suggère cependant que ce risque absolu est faible. Selon David Juurlink, directeur du département de pharmacologie clinique de l'Université de Toronto, cette conclusion est rassurante pour les personnes ayant pris de la pioglitazone.

«La majorité des personnes qui ont consommé ce médicament ne finiront pas par développer un cancer de la vessie», a-t-il dit.

«Selon une perspective clinique, toutefois, lorsque vous avez un médicament qui est toxique d'un point de vue cardiovasculaire et qui semble accroître les risques d'un cancer assez sérieux, il serait nécessaire d'établir les avantages pour l'utiliser malgré ces risques. Et cela n'est simplement le cas en ce qui concerne ce médicament.»

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