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Tunisie: la police peut faire usage de balles réelles en cas de nécessité

31/05/2012 12:04 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Le ministre tunisien de l'Intérieur a déclaré jeudi que les forces de l'ordre étaient habilitées à faire usage de balles réelles en cas d'attaques contre des "institutions souveraines" telles que les casernes de police.

"Les gens qui croient qu'on peut agresser impunément les institutions souveraines comme les casernes des agents de sécurité doivent savoir que dans des cas pareils, et comme l'indique la loi, on peut même utiliser des balles réelles", a déclaré Ali Larayedh lors d'un point de presse.

Soulignant qu'une loi de 1969 sur les rassemblements publics autorisait l'usage de la force, il a martelé: "en cas de nécessité, nous utiliserons cette loi, et on ne va pas hésiter".

"L'état d'urgence est toujours en cours, l'Etat peut prendre toutes les mesures nécessaires pour établir la sécurité dans le pays", a-t-il souligné.

Des postes de police et des établissements vendant de l'alcool ont été incendiés le week-end dernier par des groupes salafistes radicaux à Jendouba et Ghardimaou, dans le nord-ouest de la Tunisie.

"Il y a les salafistes scientifiques qui vivent pacifiquement et n'imposent pas leurs religion et opinion. Le cas le plus difficile concerne ceux qui veulent imposer un mode de vie, un mode de société, et qui ne respectent pas la loi et pratiquent la violence", a ajouté M. Larayedh.

"Notre politique est d'affronter toutes les formes de violence avec beaucoup de rigueur", a-t-il assuré.

"Il y a des violences individuelles et des violences en bandes organisées. Certaines violences sont criminelles, d'autres sont politiques, religieuses ou tribales. Il y a aussi des violences pratiquées sous prétexte social", a-t-il dit, visant les sit in et les barrages de routes "qui entravent l'administration et la circulation"

"Personne n'est au dessus de la loi", a-t-il assuré.

L'état d'urgence en Tunisie, en vigueur depuis la fuite de l'ex-président Ben Ali en janvier 2011, a été prolongé début mai jusqu'à la fin juillet.

Des flambées de violences éclatent cependant à intervalles réguliers dans les différentes régions du pays.

Après les violences du week-end dernier à Jendouba, l'Union nationale des syndicats des forces de sûreté tunisiennes avait réclamé de pouvoir utiliser "tous les moyens dissuasifs" pour mettre fin aux violences et fustigé "la passivité" des autorités politiques.

kl/cf/sba

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