MONTRÉAL - Moins d'un an après avoir pris une participation dans le chantier maritime Davie de Lévis, SNC-Lavalin (TSX:SNC) a annoncé jeudi qu'elle mettait fin à l'aventure.

Dans un bref message envoyé aux médias, la vice-présidente aux communications de SNC, Leslie Quinton, a indiqué que l'entreprise montréalaise avait «pris la décision difficile de mettre fin à sa participation au sein de la coentreprise Davie».

Mme Quinton a précisé qu'«à la suite d'une analyse approfondie», le géant de l'ingénierie a «conclu que cette initiative ne répondait pas aux critères d'évaluation des risques financiers et d'affaires requis pour aller de l'avant».

SNC-Lavalin promet de «collaborer avec toutes les parties prenantes au dossier pour faciliter la transition».

Cette décision a eu l'effet d'une douche froide sur les syndiqués du chantier maritime. Le président du syndicat, Paul-André Brulotte, s'explique mal cette décision, d'autant qu'il avait eu de récentes discussions avec les gens de SNC-Lavalin.

À peine 11 travailleurs sont à l'oeuvre au chantier de Lévis, mais selon M. Brulotte, ce nombre devait passer à 1000 dans les prochaines semaines, voire dans les prochains jours, afin de redémarrer les activités pour des réparations sur quatre navires.

Selon lui, SNC-Lavalin souhaitait une commande de cinq bateaux pour se sentir plus rassurée sur le plan économique.

«Lavalin a toujours dit qu'elle souhaitait obtenir le contrat de cinq navires, dont les deux traversiers du gouvernement (du Québec) pour avancer. Nous en avions quatre sous contrat», a suggéré M. Brulotte.

Le syndicat reconnaît que la gestion de risque, lorsqu'il est question du redémarrage d'un chantier naval, est toujours difficile à évaluer. Il n'en demeure pas moins que le sentiment général tendait plutôt vers une sortie de crise et non un départ de la part d'un partenaire de premier plan.

«Les dernières discussions avec SNC-Lavalin nous donnaient l'espoir d'un règlement. Après 10 mois, on croyait toucher au but», a mentionné Paul-André Brulotte, visiblement déçu de la tournure des événements.

De son côté, le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a reconnu que sans couler les efforts de relance, le départ de SNC-Lavalin ne vient certainement pas contribuer à une reprise des activités.

«Faut voir maintenant quels seront les impacts de la décision de SNC. Deuxièment, le contribuable au Québec a fait sa part alors il faudra voir qu'elles seront les autres ouvertures», a indiqué le ministre.

Une autre rencontre est prévue vendredi avec des représentants de Davie Canada et le syndicat.

C'est l'été dernier qu'une coentreprise formée de l'entreprise ontarienne Upper Lakes Group et de SNC a acquis Davie dans l'espoir de décrocher de lucratifs contrats fédéraux de construction de navires d'une valeur totale de 33 milliards $.

Or en octobre, ces contrats ont plutôt été confiés à des chantiers maritimes de Vancouver et de Halifax.

Davie peut encore soumissionner en vue de construire une partie des 116 navires de plus petite taille qu'Ottawa commandera au cours des prochains mois, au coût total de 2 milliards $.

L'an dernier, dans le but de donner un coup de pouce à Davie, Québec lui avait accordé, sans appel d'offres, un contrat de 150 millions $ pour construire deux navires destinés à la Société des traversiers du Québec. L'entreprise doit également terminer la construction de bateaux pour le compte de clients européens.

Des problèmes de financement de ces derniers travaux ont toutefois fait en sorte d'empêcher la reprise des activités sur le chantier, lesquelles devaient redémarrer cet hiver.