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Ouverture à Istanbul d'une conférence internationale pour aider la Somalie

31/05/2012 08:57 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Les représentants de 54 pays se sont réunis jeudi à Istanbul pour discuter sous l'égide de l'ONU des moyens de venir en aide à la Somalie, un pays rongé par 20 ans de guerre civile et dont le gouvernement et le parlement de transition doivent être remplacés d'ici au 20 août.

"Après une longue période d'instabilité et de conflits, nous avons aujourd'hui devant nous une opportunité pour une vraie paix et une vraie sécurité", a déclaré le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag à l'ouverture de cette conférence internationale, la deuxième de l'année sur le sujet après un sommet à Londres.

"Après de longues années, l'espoir est de retour en Somalie, et en particulier à Mogadiscio", a-t-il poursuivi, soulignant que le calme relatif restauré depuis plusieurs mois dans la capitale somalienne et ses alentours était propice à la reconstruction et au développement économique.

Le Premier ministre somalien Abdiweli Muhammed Ali a pour sa part insisté sur le fait que les Somaliens doivent "travailler ensemble" et que son gouvernement était déterminé à "promouvoir la réconciliation" dans les zones passées sous son autorité, avant d'appeler à la création d'un fonds d'aide pour la Somalie.

Sur sa page Facebook, le chef de la diplomatie britannique William Hague, qui rejoindra la conférence vendredi, a lui aussi évoqué une "opportunité historique de rompre avec le passé" et a enjoint les dirigeants somaliens d'assurer en août "une transmission de pouvoirs paisible" pour la saisir.

La conférence a débuté jeudi par des discussions entre fonctionnaires de haut niveau, experts et hommes d'affaires sur quatre enjeux essentiels pour la stabilisation du pays: l'eau, l'énergie, les routes et la durabilité.

Le volet politique de l'aide à la Somalie sera discuté vendredi, avec la participation notamment du secrétaire général de l'Onu, Ban ki-moon, du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, de M. Hague et du président somalien Sharif Cheik Ahmed.

Quelque 300 "anciens", représentant les différentes factions de la société somalienne, sont également présents à Istanbul pour discuter entre eux de l'avenir de leur pays après le transfert des pouvoirs du gouvernement et du parlement de transition à de nouvelles institutions, le 20 août.

Ils présenteront vendredi leurs recommandations à la conférence, a indiqué une source diplomatique turque.

Les présidents du Puntland et du Galmudug, deux régions autoproclamées autonomes du nord-est de la Somalie, ont cependant déjà annoncé dans un communiqué qu'ils bouderaient la réunion en raison de son "ordre du jour ambigu" qui "vise à remettre en cause tous les accords".

Interrogé par l'AFP, un diplomate turc parlant sous couvert d'anonymat a pourtant indiqué qu'hormis les islamistes shebab, toutes les factions somaliennes étaient représentées à Istanbul, y compris les régions du Puntland, du Galmudug et du Somaliland (nord-ouest).

La Turquie s'est investie dans l'aide à la Somalie, avec notamment une visite de M. Erdogan à Mogadiscio l'an dernier, une des rares visites de dirigeant étranger dans ce pays qui a débouché sur l'ouverture de l'ambassade turque à Mogadiscio.

Elle devrait plaider vendredi pour la création d'un fonds international de soutien à la Somalie, a indiqué la même source diplomatique.

La Somalie est dépourvue d'autorité centrale depuis l'effondrement du régime du président Siad Barre en 1991 et l'instabilité politique alimente depuis deux décennies une violence permanente dans le pays.

Le très fragile gouvernement somalien de transition (TFG) a été créé en janvier 2009 et est depuis soutenu à bout de bras par la communauté internationale et les forces de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Les islamistes somaliens shebab ont juré la perte du TFG mais sont affaiblis sur le terrain militaire depuis que les armées éthiopienne et kényane se sont lancées à sa poursuite fin 2011.

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