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Obama reçoit George W. Bush, dont il critique durement l'héritage

31/05/2012 10:16 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Barack Obama reçoit jeudi George W. Bush à la Maison Blanche pour une cérémonie en son honneur, au moment où le président démocrate, en campagne pour sa réélection en novembre, critique durement la situation économique dont il a hérité de son prédécesseur.

Le 43e président des Etats-Unis, est attendu jeudi à la Maison Blanche pour assister à la révélation de son portrait officiel, ainsi que celui de son épouse Laura. Les murs du hall d'entrée de la résidence exécutive sont déjà décorés de grands portraits de présidents du XXe siècle, de John F. Kennedy à Bill Clinton.

Outre sa femme, M. Bush, président de 2001 à 2009, sera accompagné de son père George H.W. Bush, président de 1989 à 1993, et de sa mère Barbara, respectivement 87 et 86 ans.

La Maison Blanche a assuré mercredi que M. Obama se réjouissait de recevoir son prédécesseur, malgré leurs "approches" politiques différentes.

Il s'agira d'une rare visite de George W. Bush à la Maison Blanche depuis qu'il l'a quittée le 20 janvier 2009, laissant la place à M. Obama.

Ce dernier n'a pas ménagé ses critiques à l'encontre du président républicain lors de sa campagne victorieuse en 2007-2008, et le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a reconnu mercredi qu'"il existe, sans aucun doute, des différences entre son approche et l'approche, ainsi que les politiques de son prédécesseur".

"C'était certainement le cas lorsque le président George W. Bush avait reçu le président (démocrate Bill) Clinton à la Maison Blanche pour dévoiler son portrait. Et je pense qu'il est de notoriété publique que ces deux anciens présidents entretiennent de bonnes relations, comme le président Bill Clinton et le président George H.W. Bush", a ajouté M. Carney.

"Je pense qu'il s'agit d'une communauté comptant très peu de membres, qui dépasse les différends politiques", a encore dit le porte-parole à propos des anciens présidents américains, dont quatre sont encore en vie: Jimmy Carter, Bill Clinton et les deux Bush. "Le président se réjouit de cette occasion", selon lui.

Au cours du même point de presse, M. Carney a toutefois, sans le nommer, critiqué M. Bush afin de riposter aux accusations du parti républicain sur l'explosion des déficits budgétaires en trois ans et demi de présidence Obama.

"Ce qu'ils ne diront jamais, c'est que (...) le déficit qui lui a été légué en janvier 2009 était un excédent huit ans plus tôt", a-t-il accusé: "en ce qui concerne la gestion responsable des dossiers budgétaires, nous avons de solides arguments à faire valoir à mon avis".

M. Obama s'en prend rarement à son prédécesseur de manière directe, préférant évoquer dans ses discours "les politiques injustes de la décennie passée".

Le 24 mai, dans l'Etat-clé de l'Iowa, il avait accusé celui qui lui disputera la Maison Blanche le 6 novembre, l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, de vouloir revenir "en arrière", sous-entendu aux politiques de M. Bush.

"Ce que nous pouvons le moins nous permettre, c'est de revenir aux mêmes politiques que celles qui nous ont mis dans cette situation terrible", avait affirmé M. Obama.

Depuis qu'il a quitté la Maison Blanche en plein milieu de la pire crise économique en 70 ans et avec une cote de confiance au plus bas, M. Bush s'est tenu en retrait du débat politique, à l'exception notable du 10 avril dernier, quand il a plaidé contre des hausses d'impôts pour les plus riches voulues par M. Obama.

Il avait alors défendu les baisses d'impôts engagées au début de sa propre présidence, en 2001 et 2003, rendues responsables par les démocrates d'avoir creusé les déficits et profité avant tout aux plus aisés.

tq/gde

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