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Nigeria: un otage allemand tué par ses ravisseurs lors d'un raid (armée et police)

31/05/2012 06:39 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Un ingénieur allemand enlevé au Nigeria en janvier, dont le rapt avait été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été exécuté jeudi par ses ravisseurs lors d'un raid militaire visant à le libérer à Kano (nord), ont annoncé des responsables nigérians.

D'autre part, les autorités nigérianes et italiennes ont confirmé jeudi l'enlèvement d'un ingénieur italien lundi dans le centre-ouest du Nigeria.

L'exécution jeudi de l'otage allemand Edgar Fritz Raupach rappelle un incident similaire début mars. Un Britannique et un Italien - kidnappés dans le nord du Nigeria en mai 2011 - avaient été exécutés par leurs ravisseurs au début d'une opération visant à les secourir, à laquelle avaient pris part des forces spéciales britanniques.

"L'Allemand enlevé en janvier a été tué par ses ravisseurs tôt ce matin", à Kano - la grande métropole du nord - a déclaré une source militaire et un soldat des forces spéciales déployées dans la ville.

Des habitants ont entendu des tirs et des explosions à partir de 6h00 et pendant 30 minutes. Ils ont déclaré avoir vu plusieurs centaines de soldats arriver à bord de camions et de véhicules armés.

Les autorités militaires ont indiqué dans un communiqué que l'opération avait été lancée sur la base de renseignements indiquant que "des commandants de groupes terroristes" étaient en réunion.

"En voyant les forces de sécurité, les terroristes ont ouvert le feu et lancé des bombes artisanales. Les forces de sécurité ont riposté et la fusillade a duré environ 30 mn. Cinq terroristes ont été tués au cours de cet échange", ajoute le communiqué.

Lorsque les forces de sécurité ont pénétré dans les lieux, ils ont "trouvé le corps d'un expatrié menotté et tué de façon horrible, qu'ils ont identifié comme étant l'Allemand", selon le communiqué.

D'autres membres des forces de sécurité ont affirmé qu'Edgar Raupach avait été tué et poignardé par ses ravisseurs.

Un correspondant de l'AFP a constaté jeudi soir que le sol de la maison où était détenu l'ex-otage était couvert de sang et que les murs étaient noircis par des explosions.

Edgar Fritz Raupach avait été enlevé le 26 janvier dans la périphérie de Kano où il travaillait pour une société de construction. Le rapt était intervenu quelques jours après une vague d'attaques coordonnées contre cette ville ayant fait au moins 185 morts, revendiquée par le groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Berlin avait confirmé l'enlèvement d'un citoyen allemand dans le nord du Nigeria et la société de construction Bilfinger Berger avait indiqué qu'il s'agissait de l'un de ses employés.

Une porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères n'a pas pu confirmer jeudi la mort de l'otage, tout en indiquant qu'une cellule de crise a été mise en place par l'ambassade d'Allemagne au Nigeria.

En mars, Aqmi avait annoncé dans un communiqué et une vidéo détenir l'ingénieur allemand et dit vouloir l'échanger contre une "femme musulmane" emprisonnée en Allemagne et victime de "supplices", avait rapporté l'agence privée mauritanienne en ligne ANI.

La vidéo, visionnée par l'AFP, montrait l'otage, les mains liées dans le dos, entouré d'hommes armés et le visage masqué. Il déclinait son identité et appelait le gouvernement allemand à lui sauver la vie.

Les forces de sécurité nigérianes avaient arrêté fin mars à Kano cinq hommes, dont un Mauritanien, soupçonnés de liens avec Aqmi et d'implication dans le rapt.

Aqmi n'est pas connu pour opérer directement au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de pétrole du continent. Cependant, des experts soupçonnent l'existence de liens entre ce groupe et Boko Haram, qui multiplie depuis des mois les attaques sanglantes, dont des attentats-suicides.

Abuja avait accusé une faction de Boko Haram d'être responsable de l'enlèvement de ces deux ingénieurs. Un porte-parole présumé du groupe avait nié toute implication.

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