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Les rebelles lancent un ultimatum au régime syrien

31/05/2012 05:32 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

La rébellion syrienne a donné jusqu'à vendredi au régime pour appliquer le plan Annan sur un arrêt des violences, à défaut de quoi elle ne sera plus tenue par cette initiative qui suscite des doutes grandissants.

Cette annonce survient au moment où la communauté internationale reste paralysée par ses divisions face à l'escalade en Syrie, la Russie, un allié du régime de Bachar al-Assad, réitérant qu'elle ne changerait pas sa position "équilibrée et logique" sous la pression.

Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a, quant à lui, encore une fois exhorté le pouvoir syrien à appliquer le plan de paix en six points de l'émissaire international Kofi Annan, resté lettre morte, surtout la clause préconisant un cessez-le-feu proclamé le 12 avril mais systématiquement violé.

"Si le régime syrien ne respecte pas le délai de vendredi midi (09H00 GMT), le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL) annonce qu'il ne serait plus tenu par aucun engagement lié au plan Annan et notre devoir serait de défendre les civils", a indiqué le commandement de l'ASL à l'intérieur de la Syrie.

Ce commandement, basé en Syrie, mène des opérations contre les troupes du régime sur le terrain. Il est théoriquement chapeauté par le Conseil militaire supérieur de l'ASL basé en Turquie.

Les quelque 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie dans le cadre du plan Annan n'arrivent pas à faire respecter le cessez-le-feu, la répression menée par le régime continuant de même que les combats entre soldats et rebelles avec des dizaines de morts tous les jours.

Les rebelles réclament outre l'arrêt des violences, "le retrait des troupes et des chars des zones résidentielles, l'entrée de l'aide humanitaire dans les régions sinistrées, la libération des prisonniers, l'accès des médias au pays, la liberté de manifester pacifiquement". Ils réclament aussi "l'ouverture de négociations sérieuses via l'ONU pour remettre le pouvoir au peuple".

"Après le massacre barbare de femmes et d'enfants à Houla (...) plus rien ne justifie le respect de la trêve de manière unilatérale car Assad a enterré le plan Annan au vu et au su du monde entier", a poursuivi l'ASL.

L'armée rebelle, composée essentiellement de déserteurs, faisait référence au massacre perpétré le 25 mai dans la région de Houla (centre) où 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées et 300 autres blessées, selon les observateurs de l'ONU.

Ce carnage, dénoncé par la communauté internationale, a été attribué par l'opposition à des milices pro-régime, l'ONU confirmant que de "forts soupçons" pesaient sur ces milices. Le régime syrien a nié toute implication et les résultats de son enquête n'ont pas été encore publiés.

L'armée a bombardé pour le second jour consécutif, la région de Houla, notamment la localité de Taldo, où la plupart des victimes du carnage ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Un garçon a été tué par un sniper et des transports de troupes se massaient dans la zone.

Une femme a également été tuée par balle dans la banlieue de Damas, à Daraya, a précisé l'OSDH.

La veille, au moins 73 personnes, en majorité des civils ont été tués dans la répression et les combats à travers le pays.

En plus de 14 mois de violences, plus de 13.000 Syriens ont trouvé la mort, en majorité des civils, selon l'ONG.

Malgré l'escalade de la violence, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, qui se sont réunis mercredi, restent divisés sur les moyens d'accroître la pression sur Damas en vue d'une application du plan Annan.

Les Occidentaux ont évoqué de nouvelles sanctions contre Damas mais la Russie a réitéré son opposition.

Le Kremlin a averti que la position de Moscou ne changerait pas sous la pression, après que le président français François Hollande, qui reçoit vendredi son homologue russe Vladimir Poutine, a fait part de son ambition d'infléchir la position russe.

Dire "que cette position changera sous la pression de qui que ce soit n'est guère correct", a indiqué la présidence russe. "Nous continuons de refuser les sanctions", a assuré l'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Tchourkine.

La principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a accusé la Russie d'encourager le régime syrien à commettre des "crimes sauvages".

Pour l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Susan Rice, c'est "le scénario du pire qui semble le plus probable pour l'instant": escalade de la violence, "crise régionale majeure" et "la mort du plan Annan".

M. Annan, qui a réclamé une "intensification des efforts internationaux" à l'issue de sa visite à Damas mardi, est attendu jeudi au Liban voisin.

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