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Les rebelles donnent à Damas jusqu'à vendredi pour cesser les violences

31/05/2012 01:52 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Les combattants rebelles syriens ont donné jusqu'à vendredi midi au régime de Bachar al-Assad pour appliquer le plan Annan qui prévoit notamment l'arrêt des violences dans le pays, faute de quoi ils ne seront plus tenus par ce plan.

"Si le régime syrien ne respecte pas le délai de vendredi midi (09H00 GMT), le commandement de l'Armée syrienne libre annonce qu'il ne sera plus tenu par aucun engagement lié au plan Annan (...) et notre devoir sera (...) de défendre les civils", a indiqué dans un communiqué le commandement de l'ASL à l'intérieur de la Syrie.

Ce commandement, basé en Syrie, est chargé des opérations contre les troupes du régime sur le terrain. Il est théoriquement chapeauté par le Conseil militaire supérieur de l'ASL qui est basé lui en Turquie.

Les quelque 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie n'arrivent pas à faire respecter un cessez-le-feu prévu par le plan Annan, entré théoriquement en vigueur le 12 avril mais quotidiennement violé.

"Après le massacre barbare de femmes et d'enfants à Houla (...), nous annonçons que plus rien ne justifie le respect de la trêve de manière unilatérale car Assad a enterré le plan Annan au vu et au su du monde entier", poursuit l'ASL.

L'armée rebelle, composée essentiellement de déserteurs, fait référence à une ville du centre de la Syrie où 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées et 300 autres blessées le 25 mai, selon les observateurs de l'ONU.

Ce carnage, dénoncé par la communauté internationale, a été attribué par l'opposition aux milices pro-régime, tandis que Damas a nié toute implication. Selon les premiers résultats d'une enquête de l'ONU, la majorité des victimes ont été exécutées.

Les rebelles ont affirmé qu'ils lançaient cet ultimatum au régime pour qu'il applique le plan en six points de l'émissaire Kofi Annan, notamment "un cessez-le-feu immédiat, l'arrêt de toutes les formes de violences, le retrait de toutes les troupes, les chars et les véhicules du régime des zones résidentielles, l'entrée de l'aide humanitaire dans toutes les régions sinistrées, la libération des prisonniers, l'accès des médias au pays, la liberté de manifestation pacifiques".

Ils réclament également "l'engagement à ne pas attaquer la mission des observateurs (de l'ONU) et l'ouverture de négociations sérieuses par l'intermédiaire des Nations unies pour remettre le pouvoir au peuple".

La communauté internationale est toujours divisée sur la crise en Syrie, où se poursuivent la répression menée par le régime contre la révolte populaire lancée en mars 2011 et les combats entre soldats et rebelles.

"Nous souhaitons que toutes les parties considèrent l'ASL comme le principal garant de (...) de l'unité nationale pour rétablir la stabilité et la sécurité en Syrie après la chute du régime", ont ajouté les rebelles.

Ils ont précisé que l'ASL allait annoncer dans les prochains jours une "série de décisions déterminantes et courageuses pour la prochaine étape" de leur lutte.

En 14 mois de violences, plus de 13.000 Syriens ont trouvé la mort, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

ram/vl

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