NOUVELLES

Les Irlandais appelés à se prononcer sur le pacte budgétaire européen

31/05/2012 11:42 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

DUBLIN - Les Irlandais étaient conviés aux urnes jeudi pour un référendum sur la ratification du pacte européen d'austérité budgétaire. Les sondages suggèrent la victoire du oui, mais ils se sont trompés pour les deux dernières consultations irlandaises sur l'Union européenne, en 2001 et 2008. La victoire du «non» n'empêcherait pas l'application du traité dans les autres pays l'ayant ratifié.

Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), déjà signé le 2 mars par les chefs d'État et de gouvernement de 25 pays des 27 membres de l'Union européenne, dont l'Irlande, est destiné à renforcer la confiance dans la zone euro en créant de nouveaux plafonds en matière de déficits pour chaque pays qui le ratifie. Seuls le Royaume-Uni et la République tchèque, qui ne sont pas membres de la zone euro, n'ont pas voulu le signer.

Des restrictions budgétaires automatiques seraient imposées aux pays ayant dépassé ces limites. L'Allemagne, poids lourd de la zone euro, est le pays qui soutient le plus le traité, mais presque tous les partis politiques irlandais ont aussi fait campagne pour son adoption.

L'Irlande est le seul des 25 pays signataires à organiser un référendum sur la ratification. Un «oui» majoritaire n'aurait pas d'impact immédiat sur les politiques d'austérité en Irlande, parce que le pays a déjà engagé un programme draconien de coupes budgétaires en contrepartie d'un plan de sauvetage accordé en 2010 par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Un «non» pourrait être plus dommageable pour l'Irlande, parce que ses prêts arriveront à terme d'ici la fin de 2013 et que le traité réserve l'accès futur au fond de secours de l'UE aux pays qui acceptent les nouvelles règles budgétaires. Les experts estiment qu'un «non» créerait aussi des ondes de choc politiques dans la zone euro, qui doute déjà de pouvoir confiner la crise de la dette à l'Irlande, à la Grèce et au Portugal. Le résultat du référendum est attendu vendredi.

Le principal objectif du plan de sauvetage obtenu en 2010 par l'Irlande consiste à ramener le déficit de ce pays sous les 3 pour cent du produit intérieur brut (PIB), la limite fixée par la zone euro. L'Irlande a enregistré les pires déficits de l'Union européenne ces trois dernières années, avec 14,3 pour cent en 2009, 32,4 pour cent en 2010 (le record de l'UE) et 13,1 pour cent l'an dernier. Elle espère revenir à un niveau de 3 pour cent en 2015 ou 2016.

Le premier ministre irlandais Enda Kenny a mis en garde contre une victoire du «non» qui, selon lui, conduirait à des mesures d'austérité encore plus sévères parce que Dublin ne pourrait plus emprunter à l'Union européenne.

Les opposants au traité, qui mettent l'accent sur les divisions en Europe concernant l'opportunité de maintenir une austérité continue, ont exhorté les électeurs à rejeter le traité.

Plusieurs électeurs interrogés jeudi devant des bureaux de vote de Dublin ont déclaré avoir voté «non» pour que le gouvernement irlandais renégocie le plan de sauvetage. «Nous avons déjà ruiné le pays pour essayer de rembourser ces spéculateurs étrangers», a ainsi accusé Gerard Cunningham, un électeur âgé de 50 ans.

Dans un autre bureau de vote situé tout près, une femme de 42 ans, Bridget Connolly, a indiqué avoir voté «oui», mais sans enthousiasme. «Le traité ne sauvera rien, mais voter "non" ne fera que créer plus de problèmes pour nous», a-t-elle estimé. «Nous ne pouvons nous permettre de faire un pied de nez à l'Europe actuellement.»

PLUS:pc