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Le régime syrien accuse les rebelles d'être responsables du massacre de Houla

31/05/2012 05:46 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le régime syrien a accusé jeudi les rebelles d'être responsables du massacre de Houla, une ville du centre du pays où 108 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont été tuées la semaine dernière.

Lors d'une conférence de presse à Damas, Qassem Jamal Suleiman, qui a dirigé l'enquête du gouvernement syrien sur le massacre, a catégoriquement nié toute implication du régime. Il a affirmé que jusqu'à 800 rebelles avaient perpétré le massacre après avoir lancé des attaques coordonnées contre cinq points de contrôle des forces de sécurité.

Selon M. Suleiman, l'objectif des rebelles était de monter une machination contre le gouvernement et de provoquer des divisions intercommunautaires au sein de la population syrienne.

«Les forces gouvernementales ne sont pas entrées dans la zone quand le massacre s'est produit, ni avant ni après», a-t-il dit, en précisant que les victimes étaient des familles qui refusaient de s'opposer au gouvernement ou de s'armer.

D'après un militant de l'opposition établi dans la région de Houla, il est clair que le gouvernement n'a pas enquêté sur le massacre.

«Le régime cherche des moyens de justifier le massacre au reste du monde», a affirmé Saria al-Houlany. «Il est évident qu'il ne s'agissait pas d'une enquête professionnelle (...) S'il y avait eu 800 combattants à Houla, ce massacre n'aurait pas eu lieu.»

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a affirmé que le but des rebelles était de créer la sédition en Syrie.

«Il y a des gens dans des salles obscures qui travaillent jour et nuit sur des façons de toucher la Syrie (...) et la façon de le faire est de déclencher un conflit civil», a-t-il dit devant les journalistes. «Il ne réussiront pas.»

Le massacre de Houla est l'un des incidents les plus meurtriers en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, en mars 2011. Selon les militants, au moins 13 000 personnes ont été tuées dans le pays depuis 15 mois.

La région de Houla est toujours sous le coup d'une attaque: les troupes gouvernementales ont pilonné le village d'Al-Tibeh jeudi. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, certains résidants de la région se sont enfuis de crainte d'être victimes «d'un nouveau massacre».

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé la Syrie à mettre fin au bain de sang et a mis en garde contre un prolongement du conflit.

Près de 300 observateurs de l'ONU sont déployés en Syrie pour surveiller le respect du cessez-le-feu censé être entrée en vigueur le 12 avril dans la cadre du plan de paix de l'émissaire Kofi Annan.

«Le massacre de civils comme celui que nous avons vu le week-end dernier pourrait plonger la Syrie dans une guerre civile catastrophique, une guerre de laquelle le pays pourrait ne jamais se remettre», a dit M. Ban jeudi lors d'une visite à Istanbul.

«Nous sommes là pour constater des violations et les dénoncer afin que les auteurs de crimes soient tenus responsables. Laissez-moi le dire clairement: l'ONU ne s'est pas déployée en Syrie pour être témoin du meurtre d'innocents. Nous ne sommes pas là pour jouer un rôle d'observateur passif d'atrocités indicibles», a assuré Ban Ki-moon.

«Plus la communauté internationale en sait, plus nous pouvons avancer vers le but le plus important: aider à trouver une solution politique, une solution qui préserve la vie et les intérêts de tout le peuple syrien.»

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