NOUVELLES

La justice émiratie rejette la plainte d'islamistes déchus de la nationalité

31/05/2012 04:52 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

La justice émiratie a jugé irrecevable la plainte de sept islamistes déchus de leur nationalité et soupçonnés de liens avec des associations finançant le terrorisme, a annoncé jeudi l'agence officielle WAM.

Ces sept membres d'un groupe interdit ont été placés en détention le 9 avril pour séjour illégal dans le pays après avoir été déchus en décembre 2011 de leur nationalité émiratie par le ministère de l'Intérieur.

"Le tribunal fédéral de première instance a jugé que leur plainte contre le ministère de l'Intérieur était irrecevable", a affirmé l'agence.

"Le ministère de l'Intérieur n'a fait que mettre en application un décret fédéral qui ne peut pas faire l'objet d'un recours au nom des lois régissant le travail de l'administration", a expliqué l'agence.

Interrogé par l'AFP, leur avocat, Me Mohamed al-Roken, a toutefois déclaré avoir fait appel. Il a ajouté n'avoir pas pu rencontrer ses clients "depuis leur arrestation il y a 52 jours", et n'a pas pu confirmer s'ils demeureraient en détention.

Les sept hommes font partie de "l'Association pour la réforme et l'orientation sociale", un groupe dans la mouvance des Frères musulmans aux Emirats où les partis politiques sont interdits.

Ils avaient été arrêtés après avoir refusé une décision du ministère de l'Intérieur qui leur avait donné "deux semaines pour obtenir une nouvelle nationalité", selon leur avocat. Ils avaient alors répliqué qu'ils se considéreraient comme citoyens émiratis jusqu'à la fin de leur vie.

Les Emirats avaient annoncé avoir déchu de leur nationalité ces hommes soupçonnés d'être liés à des associations finançant le terrorisme, une mesure extrêmement rare dans ce riche pays.

La fédération des Emirats arabes unis, l'un des pays les plus riches du monde, a été épargnée par la vague de contestation populaire qui a secoué le monde arabe.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a cependant souligné mardi que les arrestations de militants s'étaient récemment multipliées, précisant que 12 personnes, dont les sept islamistes, avaient été arrêtées ces deux derniers mois.

at/mh/sbh

PLUS:afp