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La Banque Nationale dit tirer profit de la stratégie adoptée par Desjardins

31/05/2012 09:58 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La Banque Nationale (TSX:NA) bénéficie de certaines décisions prises par le Mouvement Desjardins au cours des dernières années, a soutenu jeudi le grand patron de l'institution montréalaise, Louis Vachon.

Au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers, M. Vachon a indiqué que la banque avait d'abord tiré profit de ses propres investissements, qui lui ont permis d'accroître le nombre de ses succursales et de ses employés affectés au service à la clientèle.

«En même temps, notre principal concurrent au Québec est en train de fermer des centres de services et a réduit significativement ses ristournes aux membres, ce qui affecte négativement sa proposition de valeur», a lancé le volubile dirigeant.

Les gains de la Banque Nationale au Québec sont tout de même modestes. En trois ans, la part de marché de l'institution dans le secteur du crédit aux particuliers est passée de 15,5 à 16,1 pour cent alors que celle des dépôts commerciaux est passée de 24,1 à 25,1 pour cent.

André Chapleau, porte-parole de Desjardins, a rétorqué que «les ristournes demeurent généreuses» dans un contexte où la coopérative financière doit maintenir une capitalisation élevée en raison des nouvelles règles bancaires internationales.

M. Chapleau a reconnu que le nombre de succursales de Desjardins avait légèrement reculé au cours des dernières années, mais que le groupe en exploitait encore un nombre bien supérieur à celui de toutes les banques réunies, soit plus de 1200.

Résultats

La Banque Nationale a par ailleurs dévoilé jeudi des résultats supérieurs aux attentes.

À son deuxième trimestre, qui a pris fin le 30 avril, l'institution a enregistré des profits nets de 553 millions $ (3,22 $ par action), en hausse de 69 pour cent par rapport aux 327 millions $ (1,57 $ par action) dégagés pendant la même période de l'an dernier.

En excluant un gain de 212 millions $ découlant de la vente de la filiale de gestion de patrimoine Natcan à Fiera Capital (TSX:FSZ) et un autre de 34 millions $ provenant de l'appréciation des titres de papier commercial, le bénéfice net ajusté s'est élevé à 347 millions $ (1,95 $ par action), en hausse de six pour cent par rapport à l'an dernier.

Les analystes financiers tablaient en moyenne sur un bénéfice par action ajusté de 1,85 $.

Les revenus trimestriels ont bondi de 27 pour cent pour s'élever à 1,5 milliard $, grâce notamment aux acquisitions des derniers mois.

Le rendement des capitaux propres, un indicateur clé de la performance des institutions financières, s'est établi à 34,7 pour cent (21,3 pour cent en excluant les éléments particuliers), contre 19,1 pour cent il y a un an.

La rentabilité des services bancaires aux particuliers et de la gestion de patrimoine a augmenté, mais celle du secteur des marchés financiers a reculé.

Au cours de la téléconférence, Louis Vachon a précisé que la guerre de prix déclenchée plus tôt cette année par la Banque de Montréal (TSX:BMO) et d'autres institutions canadiennes avait eu peu d'incidence sur la Nationale.

En Ontario, par contre, la volonté de la banque d'accroître ses volumes de prêts en recourant aux services de courtiers hypothécaires a nui aux marges bénéficiaires, une situation que la direction entend rectifier au cours des prochains mois.

En ce qui a trait aux titres de papier commercial adossé à des actifs (PCAA) détenus par la banque, M. Vachon a estimé que leur valeur pourrait augmenter de 200 à 500 millions $ de plus d'ici 2016 si la tendance actuelle se poursuit.

Il faut dire qu'entre 2007 et 2009, la Nationale a déprécié de quelque 900 millions $ ces titres obligataires complexes dans lesquels elle avait lourdement investi et qui ont fait les frais de la crise hypothécaire américaine, il y a près de cinq ans.

D'autre part, Louis Vachon a mis en doute jeudi l'idée voulant que les nombreuses manifestations des derniers mois aient nuit à l'économie québécoise. Il a affirmé que le soulèvement étudiant n'avait eu aucun impact sur les activités de la Banque Nationale.

L'institution a enfin annoncé jeudi une hausse de cinq pour cent de son dividende pour le porter à 79 cents par action. Ce dividende bonifié sera versé le 1er août aux actionnaires inscrits au plus tard le 28 juin.

L'action de la Banque Nationale a gagné 0,7 pour cent jeudi pour clôturer à 73,66 $, à la Bourse de Toronto.

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