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Irak: les défenseurs de Hachémi veulent faire témoigner le président

31/05/2012 10:21 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Les avocats du vice-président irakien Tarek al-Hachémi, jugé par contumace à Bagdad pour avoir fomenté des meurtres, ont requis jeudi le témoignage de plusieurs hauts responsables dont le président Jalal Talabani.

Cette requête a toutefois été rejetée par les trois juges chargés de l'affaire et le procès a été ajourné au 19 juin après le dépôt de cinq témoignages à charge contre M. Hachémi.

"Ils ont demandé à Jalal Talabani, à (l'ancien vice-président) Adel Abdel Mahdi, au (chef de cabinet de Talabani) Nasser al-Ani" et à quatre députés du bloc Iraqiya dont M. Hachémi est l'un des leaders de venir témoigner à la barre, a indiqué l'un des juges.

La requête a été rejetée du fait que les avocats n'en avaient pas fait la demande avant le début du procès et parce qu'elle "n'indiquait pas clairement ce qu'ils souhaitaient prouver par le biais de ces témoins".

Le chef de l'équipe de défense de M. Hachémi, Mouayad al-Izzi, a précisé par la suite à l'AFP qu'elle entendait interroger les témoins sur la personnalité de l'accusé.

Les juges de la cour centrale criminelle d'Irak restent anonymes pour leur sécurité.

Jeudi également, la cour a entendu le témoignage de trois gardes du corps de M. Hachémi et de deux responsables, qui ont tous affirmé que le vice-président avait orchestré des attentats.

M. Hachémi se trouve aux dernières nouvelles en Turquie, pays qui refuse de l'extrader vers l'Irak, en dépit d'une demande d'arrestation internationale dans son pays diffusée par Interpol.

Lui et certains membres de sa garde rapprochée sont poursuivis pour 150 chefs d'inculpation, notamment le meurtre de six juges et de plusieurs hauts responsables, dont le directeur général du ministère de la Sécurité nationale.

Ils dénoncent depuis des mois une procédure à des fins purement politiques, s'inscrivant dans le conflit qui oppose depuis décembre leur famille politique, le bloc Iraqiya dominé par les sunnites, au Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki, qu'ils accusent d'autoritarisme.

Le cas de M. Hachémi est depuis plusieurs semaines au coeur d'une crise diplomatique entre l'Irak et la Turquie.

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