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Hosni Moubarak, le pharaon déchu dans le box des accusés

31/05/2012 06:31 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Hosni Moubarak, 84 ans, qui doit être fixé samedi sur son sort par la justice, a dirigé l'Egypte sans partage pendant trois décennies avant d'être renversé sous la pression d'une révolte populaire de 18 jours début 2011.

Tout au long de son procès, il est apparu devant les juges allongé sur une civière, enfermé dans un box grillagé, loin de l'image de dirigeant courtisé sur la scène internationale et redouté à domicile, qu'il avait autrefois.

Ses portraits avantageux ont été décrochés des bâtiments officiels, et aujourd'hui les marchands de souvenirs de la place Tahrir au Caire vendent des caricatures de lui grimaçant ou hagard.

L'homme qui dirigea le pays le plus peuplé du monde arabe est passible de la peine capitale s'il est reconnu coupable de la répression meurtrière du soulèvement contre son régime et d'enrichissement illicite. Le verdict quel qu'il soit laisse toutefois une possibilité d'appel.

Ce jugement doit intervenir en pleine élection pour la désignation de son successeur, lors d'un scrutin pluraliste qui tranche avec les votes acquis d'avance largement boudés par les électeurs qui lui ont permis de rester au pouvoir.

Une campagne électorale qu'il suit depuis l'hôpital militaire où il est placé en détention préventive. Sa santé -cancer, dépression, problèmes cardiaques...-fait l'objet depuis sa chute d'informations fragmentaires et souvent contradictoires.

L'assassinat par des islamistes du président Anouar el-Sadate permet en 1981 à cet ancien commandant de l'armée de l'air d'accéder à la tête de l'Egypte, où personne ne prédit à l'époque beaucoup d'avenir à cet homme sans charisme.

Réputé pragmatique, mais de plus en plus coupé du peuple et orgueilleux, il s'appuie sur un redoutable appareil policier et un parti à sa dévotion pour étendre son emprise et régner sans partage sur le pays pendant trois décennies.

Le maintien contre vents et marées des accords de paix conclus en 1979 avec Israël et sa réputation de modéré au sein du monde arabe valent à son régime autocratique les faveurs de l'Occident, en particulier des Etats-Unis dont il restera l'allié indéfectible.

Avec sa silhouette trapue, sa chevelure toujours drue malgré l'âge et son regard souvent caché par des lunettes de soleil, M. Moubarak était devenu au fil des ans une figure familière des réunions internationales.

Il s'est aussi montré un adversaire résolu de l'islamisme radical façon Al-Qaïda, mais sans parvenir à enrayer la montée du mouvement conservateur des Frères musulmans, aujourd'hui officiellement première force politique d'Egypte.

La politique d'ouverture économique suivie dans les dernières années de sa présidence a valu à l'Egypte une amorce de décollage économique remarqué, mais aussi une aggravation des inégalités, du mécontentement social et de la corruption.

Au cours de sa longue carrière, il a échappé à plusieurs tentatives d'attentat et n'a jamais levé l'état d'urgence en vigueur tout au long de sa présidence.

En mars 2010, il avait déjà été hospitalisé en Allemagne pour une ablation de la vésicule biliaire et le retrait d'un polype du duodénum.

Né le 4 mai 1928 dans une famille de la petite bourgeoisie rurale du delta du Nil, Mohammed Hosni Moubarak a fait ses preuves dans l'armée, jusqu'à devenir commandant en chef des forces aériennes, puis vice-président en avril 1975.

Hosni Moubarak est marié à Suzanne Thabet, qui fut très influente dans son entourage.

Leurs deux fils, Alaa et Gamal, sont jugés en même temps que leur père. Gamal Moubarak a, jusqu'à la chute du régime, fait figure de successeur présumé de son père.

jaz-cr/tp

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