NOUVELLES

Des "groupes armés" derrière la tuerie de Houla (enquête officielle syrienne)

31/05/2012 12:41 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

Le massacre de Houla commis le 25 mai dans le centre de la Syrie a été perpétré par des "groupes armés" selon les résultats préliminaires de l'enquête menée par les autorités syriennes, a indiqué jeudi le chef de la commission d'enquête justice-armée.

"Des groupes armés ont tué des familles pacifiques", a annoncé le général Kassem Jamal Sleimane, au cours d'une conférence de presse, affirmant que ces familles "avaient refusé de se soulever contre l'Etat et étaient en désaccord avec les groupes armés", en référence à l'opposition armée qui combat les troupes gouvernementales.

Selon lui, ces familles n'"ont jamais manifesté ni pris les armes (...) contre l'Etat" et elles ont "refusé de se plier aux terroristes qui leur ont demandé de participer aux manifestations" contre le régime de Bachar al-Assad.

Il a assuré qu'"entre 600 et 800 hommes armés (...) venus de régions voisines de Houla ont commencé à attaquer la zone et les troupes gouvernementales".

Le général a souligné qu'à aucun moment, l'armée n'est entrée à Taldo, la localité où ont péri la majorité des 108 victimes, dont une cinquantaine d'enfants, selon l'ONU.

"L'endroit où a été perpétré le massacre est une zone où se trouvent des groupes armés (...) les troupes gouvernementales n'y sont pas entrées ni avant ni après le carnage, a-t-il poursuivi, précisant que l'enquête s'est basée sur "des témoins qui ont vu ce massacre horrible"

Le massacre "n'était pas dû à des bombardements" de l'armée régulière, a poursuivi le chef de la commission, précisant que les corps ne portaient pas de marques (...) de brûlures". "Le massacre est dû à des tirs à bout portant et (des attaques) à l'arme blanche".

"L'objectif des terroristes était d'aviver la discorde", de susciter des réactions internationales "en vue d'une intervention" étrangère en Syrie, selon lui.

Houla est une agglomération de localités à majorité sunnite entourées par des localités alaouites (branche du chiisme et confession du clan Assad au pouvoir).

Il a par ailleurs signalé que les auteurs du carnage visaient principalement des proches du député syrien de Homs Abdel Mooti Machleb, membre du parti Baas au pouvoir, "avant que le carnage ne s'étende vers d'autres familles".

Le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, avait affirmé qu'"une partie" des 108 personnes tuées à Houla l'ont été par des éclats d'obus, soulignant que "seul le gouvernement syrien a l'usage de blindés, de canons et de mortiers".

D'autres victimes ont été tuées à l'arme blanche, a-t-il ajouté, "ce qui désigne probablement les +chabbiha+". "Il y a de forts soupçons que les +chabbiha+ sont impliqués dans cette tragédie à Houla et de fortes rumeurs qu'il sont impliqués dans d'autres cas" de violences en Syrie.

bur-ram/sw

PLUS:afp