La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, annonce qu'il y a impasse dans les négociations avec les leaders des associations étudiantes.

Les grandes associations étudiantes du Québec avaient envoyé des signaux contradictoires sur l'avenir des négociations qu'ils tiennent avec la ministre dans le but de mettre un terme au conflit étudiant qui secoue le Québec depuis la mi-février.

Le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, et le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TACEQ), Paul-Émile Auger, ont soutenu que l'offre présentée hier par les étudiants était « minimale ».

« Ça passe ou ça casse », a dit M. Nadeau-Dubois, qui a parlé d'une journée décisive à la table des négociations. Le porte-parole de la CLASSE a clairement évoqué la possibilité que son organisation claque la porte si les pourparlers n'évoluent de la manière souhaitée.

« Après quatre jours de discussions, tout le monde s'attend à des résultats. Mme Courchesne avait parlé d'obligation de résultats. Je pense que c'est aujourd'hui que ça se décide. » — Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE

Les présidents de la Fédération étudiante collégiale (FECQ) et de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ), Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins, ont cependant refusé de cautionner ce langage. « On a encore d'autres propositions en banque », a dit Mme Desjardins.

Visiblement pas au courant des déclarations de M. Nadeau-Dubois, arrivé avant lui, M. Bureau-Blouin a pour sa part affirmé que « d'un côté comme de l'autre, il n'y a jamais eu de menaces jusqu'à présent de quitter la table des négociations ».

Les associations étudiantes ont été unanimes mercredi pour critiquer la façon dont le gouvernement a réagi aux propositions qu'elles lui ont présentées. Mme Courchesne avait elle-même admis que les négociations étaient « difficiles »

L'offre présentée hier par les étudiants était le résultat de « nombreuses heures de discussions entre les organisations étudiantes », a dit Gabriel Nadeau-Dubois, « on a vraiment soumis à la ministre l'offre que nous on considère comme ce qu'ont peut faire de mieux pour présenter à nos assemblée générales, dans l'espérance que ça soit adopté ».

Selon M. Nadeau-Dubois, les étudiants ont présenté cette offre à la ministre Courchesne en lui disant « très clairement que, pour nous, c'est un peu le plancher ».

« Le problème depuis le début, c'est qu'on fait des propositions et que le gouvernement n'est pas sérieux dans le fait de regarder ces propositions-là, de vouloir aller de l'avant », a pour sa part indiqué Martine Desjardins. « À chaque fois, on retourne au point zéro, où on doit développer de nouvelles propositions ».

Mme Desjardins affirme que les étudiants ne sont pas pressés de trouver une solution. « Actuellement, les étudiants sont en lock-out technique, parce qu'il y a eu la loi 78. Donc, de notre côté, on a vraiment le temps et on va prendre le temps nécessaire pour régler la crise. De l'autre côté, le gouvernement est extrêmement pressé de régler le problème parce qu'ils ont énormément de pression », affirme-t-elle.

« Le gouvernement est beaucoup plus pressé que nous le sommes de trouver une solution. » — Martine Desjardins, présidente de la FEUQ

Son homologue de la FECQ s'est montré plus optimiste. « Tous les acteurs sont toujours là de bonne foi pour solutionner cette crise, et aujourd'hui on espère pouvoir trouver des terrains d'entente », a-t-il déclaré.

La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne et son collègue Alain Paquet, ministre délégué aux Finances, sont arrivés dans leur voiture quu'il sont menée directement dans un stationnement intérieur de l'immeuble, évitant du coup de parler aux journalistes.

Les négociations entre les parties ont repris vers 12 h 30. Il s'agit de la quatrième journée de pourparlers. Les étudiants, qui affichaient un optimisme prudent mardi soir, étaient clairement insatisfaits de la tournure des événements 24 heures plus tard.

Dans l'attente de la réaction de Québec

Mercredi, les étudiants ont présenté une contre-proposition à laquelle la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne devrait réagir.

« On espère recevoir un retour positif à l'offre qu'on a déposée ce soir. Il y a eu un échange d'offres, une partie de ping-pong toute la journée. Ça s'est terminé sur notre dernier renvoi. Et on attend maintenant de voir la réaction », avait notamment déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE, au terme de la rencontre.

Loading Slideshow...