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Clinton avertit les Russes d'un risque de guerre civile en Syrie

31/05/2012 08:38 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a critiqué jeudi l'attitude de la Russie, qui refuse toute nouvelle initiative de l'ONU sur la Syrie, avertissant qu'elle pourrait entraîner dans la guerre civile ce pays où les violences font rage.

Mme Clinton a indiqué avoir dit à la Russie, alliée indéfectible du régime de Bachar al-Assad dotée d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, "que leur politique allait contribuer à une guerre civile".

La communauté internationale est paralysée par ses divisions face à l'escalade en Syrie, la Russie réitérant qu'elle ne changerait pas sa position "équilibrée et logique" sous la pression, et rejetant l'éventualité de nouvelles sanctions évoquées par les Occidentaux.

"Le massacre continuel d'innocents par des militaires et par des milices soutenues par le gouvernement et de plus en plus par l'opposition (...) pourrait se transformer en guerre civile", a dit Mme Clinton.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies Susan Rice a évoqué "des actions hors du cadre du plan (de l'émissaire international Kofi) Annan et de l'autorité" de l'ONU si les divisions venaient à persister au Conseil de sécurité, alors que la France a réitéré son soutien à ce plan.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a mis en garde depuis Istanbul contre le risque d'une "guerre civile catastrophique".

"Je demande que l'administration syrienne honore son engagement d'appliquer le plan de paix Annan", y compris le cessez-le-feu, a dit M. Ban. Instaurée le 12 avril, la trêve est systématiquement violée depuis.

La rébellion a donné jusqu'à vendredi au régime pour appliquer le plan Annan, qui prévoit un arrêt des violences, à défaut de quoi elle ne sera plus tenue par cette initiative qui suscite des doutes grandissants.

"Si le régime syrien ne respecte pas le délai de vendredi midi (09H00 GMT), le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL) annonce qu'il ne serait plus tenu par aucun engagement lié au plan Annan et notre devoir serait de défendre les civils", a indiqué le commandement de l'ASL à l'intérieur de la Syrie.

Ce commandement intérieur mène des opérations contre les troupes du régime en territoire syrien. Il est théoriquement chapeauté par le Conseil militaire supérieur de l'ASL basé en Turquie, qui ne soutient pas cet ultimatum, signe des clivages qui émergent au sein de l'oppositon armée.

Les quelque 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie dans le cadre du plan Annan n'arrivent pas à faire respecter le cessez-le-feu, la répression menée par le régime continuant de même que les combats entre soldats et rebelles avec des dizaines de morts tous les jours.

L'armée a bombardé pour le second jour consécutif, la région de Houla, notamment la localité de Taldo, où la plupart des victimes du carnage ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Un garçon y a été tué par un sniper.

Jeudi, six personnes ont péri dans les violences en Syrie, selon l'OSDH. La veille, au moins 73 personnes, en majorité des civils ont été tués dans la répression et les combats à travers le pays.

En plus de 14 mois de violences, plus de 13.000 Syriens ont trouvé la mort, en majorité des civils, selon l'ONG.

Le plan Annan prévoit outre l'arrêt des violences, le retrait des chars des villes, l'entrée de l'aide humanitaire, la libération des prisonniers, l'accès des médias, la liberté de manifester pacifiquement.

Les rebelles réclament en outre "l'ouverture de négociations sérieuses via l'ONU pour remettre le pouvoir au peuple".

"Après le massacre barbare de femmes et d'enfants à Houla (...) plus rien ne justifie le respect de la trêve de manière unilatérale car Assad a enterré le plan Annan au vu et au su du monde entier", a estimé l'ASL.

L'armée rebelle, essentiellement composée de déserteurs, faisait référence au massacre perpétré le 25 mai dans la région de Houla (centre) où 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées et 300 autres blessées, selon les observateurs de l'ONU.

Ce carnage, dénoncé par la communauté internationale, a été attribué par l'opposition aux "chabbihas", l'ONU confirmant que de "forts soupçons" pesaient sur ces milices pro-régime. Damas a nié toute implication et les résultats de son enquête n'ont pas été encore publiés.

M. Annan, qui a rencontré le roi de Jordanie Abdallah II pour parler de la Syrie, est attendu jeudi au Liban.

Dans ce pays où le conflit syrien a généré des tensions meurtrières, des habitants de la ville frontalière d'Abboudiyeh ont bloqué une route menant à la Syrie, pour protester contre l'"enlèvement" la veille de deux Libanais, perpétré selon l'agence libanaise par des hommes armés venus de Syrie.

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