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Aung San Suu Kyi plaide la cause des travailleurs birmans en Thaïlande

31/05/2012 06:57 EDT | Actualisé 31/07/2012 05:12 EDT

MAHACHAI, Thaïlande - L'opposante birmane Aung San Suu Kyi a rencontré le vice-premier ministre thaïlandais, jeudi, pour plaider la cause des centaines de milliers de travailleurs birmans souvent exploités par leurs employeurs en Thaïlande.

Mme Suu Kyi a utilisé son premier voyage à l'étranger en 24 ans pour donner une voix à ses compatriotes incapables de travailler dans leur pays, mais vulnérables à l'exploitation ailleurs.

Pour la deuxième journée consécutive, l'opposante s'est adressée à des milliers de migrants birmans à Mahachai, une ville du sud-ouest de Bangkok qui abrite la plus grande communauté birmane de Thaïlande.

«Elle ne peut forcer le gouvernement thaïlandais à faire quoi que ce soit, mais elle peut parler en notre nom mieux que n'importe qui d'autre», a affirmé Win Aung, un travailleur birman qui a perdu une main lors d'un accident dans une usine de chaussures en Thaïlande et qui tente encore d'obtenir un dédommagement de son employeur, un an et demi après l'accident.

«Elle est le meilleur espoir que nous avons afin que les choses changent», a estimé ce Birman âgé de 31 ans.

La Thaïlande abrite environ 2,5 millions de Birmans pauvres qui y travaillent dans des emplois peu spécialisés, notamment comme domestiques, ou dans des industries manuelles comme la pêche et les manufactures de vêtements. Les migrants birmans constituent entre 5 et 10 pour cent de la main d'oeuvre en Thaïlande, ce qui représente jusqu'à 7 pour cent du PIB du pays.

Win Aung a raconté qu'il était venu en Thaïlande illégalement dans l'espoir de gagner assez d'argent pour en envoyer à sa famille. Mais six ans plus tard, il n'a presque rien envoyé. Et maintenant, avec sa main amputée, ses perspectives d'emploi sont devenues encore plus sombres.

«Personne ne vous embauchera si vous êtes handicapé», a-t-il dit, en précisant ne pas savoir ce qu'il ferait maintenant. «Ce n'est pas vraiment une option de rentrer à la maison.»

Aung San Suu Kyi s'est entretenue jeudi avec le vice-premier ministre Chalerm Yubumrung pour s'assurer que les entrepreneurs thaïlandais n'exploitent pas les travailleurs birmans. Elle lui a raconté des récits d'abus et a affirmé que certains employeurs confisquaient les passeports et les autres documents des Birmans pour les empêcher de trouver un meilleur emploi ailleurs. Elle s'est aussi plainte des traitements inappropriés que les Birmans reçoivent quand ils se blessent au travail.

M. Chalerm a admis l'existence de ces problèmes, mais a affirmé que «ceux qui sont enregistrés pour travailler légalement recevront une aide sociale, notamment des soins de santé, et seront pris en charge».

Mais pour Andy Hall, défenseur des migrants et chercheur à l'université Mahidol de Bangkok, d'autres mesures doivent être prises pour mettre un terme à l'exploitation des travailleurs birmans.

«Les politiques sont une chose, mais la réalité est différente», a-t-il dit. «La réalité, c'est que les migrants sont discriminés et exploités. Ils sont traités comme des citoyens de deuxième ordre sans aucun statut. Cela doit changer.»

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