NOUVELLES

USA et Qatar ferment leur système financier à une banque syrienne

30/05/2012 09:36 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi agir de commun avec le Qatar pour fermer le système financier de leurs deux pays à une banque syrienne, la Syria International Islamic Bank (SIIB).

Cette mesure "augmentera la pression économique sur le régime (du président syrien Bachar) al-Assad en coupant une voie d'évasion financière de premier ordre", écrit le département du Trésor américain dans un communiqué annonçant ces sanctions.

Le Trésor indique avoir pris cette décision contre la SIIB au motif que cette dernière aurait servi de "prête-nom" à d'autres banques syriennes, comme la Banque commerciale de Syrie, afin de lui permettre de "contourner les sanctions prises contre elle par les Etats-Unis, l'Union européenne et la Ligue arabe".

"Le département du Trésor travaille en étroite concertation avec ses partenaires de la communauté internationale pour tenir le régime d'Assad à l'écart du système financier international", ajoute le ministère indiquant que "le gouvernement du Qatar prend des mesures équivalentes" à celles des Etats-Unis contre la SIIB.

Les nouvelles sanctions américaines, précise le communiqué, "ne visent pas les investisseurs qataris qui détiennent des investissements dans la SIIB".

La banque indique sur son site internet que son capital est détenu à 30% par la Qatar International Islamic Bank, et à 19% par douze autres investisseurs qataris, dont plusieurs membres de la famille de l'émir du Qatar cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani, les 51% restants étant détenus par des capitaux syriens publics et privés.

Lors d'une conférence de presse téléphonique, le sous-secrétaire au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte antiterroriste, David Cohen, a indiqué avoir compris que ces investisseurs qataris "allaient mettre un terme à leur relation financière avec la SIIB". M. Cohen a dit s'attendre à une annonce rapide de la Qatar International Islamic Bank sur ce point.

L'annonce des sanctions contre le SIIB survient après le massacre d'au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, vendredi à Houla, dans le région de Homs, dans l'Ouest de la Syrie. Selon l'ONU, "de forts soupçons" pèsent sur l'implication de milices pro-régime dans ce massacre.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a annoncé mercredi qu'il tiendrait vendredi une session spéciale sur la situation en Syrie et sur ce carnage, à la demande notamment du Qatar, des Etats-Unis, de l'Arabie Saoudite et de l'Union européenne.

Le Trésor indique par ailleurs qu'une réunion du Groupe de travail international des amis du peuple syrien sur les sanctions aura lieu le 6 juin à Washington sous l'égide conjointe des Etats-Unis, de la Turquie et du Qatar.

Interrogé sur l'attitude de Moscou, qui continue d'entretenir des liens étroits avec Damas et qui a condamné mercredi le renvoi des ambassadeurs syriens des capitales occidentales, décidé la veille après les événements tragiques de Houla, M. Cohen a déclaré: "Je pense que nous partageons avec la Russie le but ultime d'une (...) transition sans Assad au pouvoir".

"Assurément, il y a des différences entre notre approche et celle des Russes", et la possibilité de "relations financières" entre Moscou et Damas est une source d'"inquiétude" pour Washington, a-t-il ajouté, annonçant qu'il se rendrait "en visite en Russie très prochainement" pour parler notamment de la Syrie.

mj/sl/mdm

PLUS:afp