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Tunisie: des magistrats, des enseignants et des médecins en grève

30/05/2012 10:16 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Des grèves ont paralysé plusieurs secteurs d'activité en Tunisie mercredi.

Les magistrats tunisiens sont en «grève ouverte» depuis mardi dans tous les tribunaux du pays pour exiger la révision d'une mesure de révocation prise par le ministre de la Justice à l'encontre de 82 magistrats soupçonnés de corruption sous le régime de l'ancien président Ben Ali.

La présidente du Syndicat des magistrats tunisiens (SMT), Raoudha Laâbidi, conteste cette mesure, qu'elle juge contraire à l'indépendance de la justice.

«La révocation des magistrats est contraire aux fondements de la justice transitionnelle, qui exigent de révéler la vérité au peuple et de juger ceux qui ont violé les droits, tout en garantissant des jugements équitables et surtout le droit à la défense», fait valoir un communiqué du SMT.

Face à l'augmentation du coût de la vie, la contestation sociale touche d'autres secteurs, notamment l'éducation et la santé publique.

Les enseignants, les médecins des centres hospitaliers universitaires et des agents de la justice ont déclenché un débrayage de deux jours à partir de mercredi pour réclamer une amélioration de leur situation.

Des grèves générales sont annoncées dans les prochains jours dans des régions de l'intérieur du pays pour protester contre les conditions de vie précaires et le taux de chômage élevé qui y prévalent.

Pour remédier au déséquilibre dont souffrent les régions marginalisées, le gouvernement a adopté un programme économique et social prévoyant le lancement d'un grand nombre de projets de développement en faveur de ces zones.

Houcine Abassi, secrétaire général de la principale centrale syndicale, l'UGTT, a rapporté l'annulation de certaines grèves à la suite d'accords conclus avec le gouvernement sur des hausses salariales.

Il a précisé que les négociations allaient se poursuivre en vue de répondre aux revendications des travailleurs, en dépit de la situation difficile que traverse le pays dans la foulée du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime de Ben Ali.

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