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Travailleurs saisonniers: le Mexique veut en envoyer plus au Canada

30/05/2012 07:20 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le Mexique souhaite envoyer davantage de ses travailleurs au Canada, malgré l'annonce récente du gouvernement Harper de nouvelles règles entourant les prestations d'assurance-emploi, qui visent notamment à pourvoir des postes vacants avec la main-d'oeuvre canadienne au chômage.

La secrétaire aux Affaires étrangères du Mexique, Patricia Espinosa, a plaidé en faveur d'un élargissement du programme des travailleurs temporaires à d'autres secteurs que celui de l'agriculture, alors qu'elle était de passage à Ottawa, mercredi.

Les entreprises canadiennes embauchent des milliers de travailleurs étrangers chaque année pour des emplois que les Canadiens sont peu enclins à accepter. Les travailleurs saisonniers mexicains représentent la majeure partie de la main-d'oeuvre de l'industrie agricole depuis le milieu des années 1970, au Canada.

Mme Espinosa voit une ouverture du programme aux secteurs des services et de l'accueil ainsi qu'à celui de la construction.

Elle a repoussé du revers de la main les craintes que les modifications annoncées par Ottawa en matière de prestations d'assurance-emploi puissent constituer un problème pour le Mexique.

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a déclaré que le fait d'avoir recours à des travailleurs saisonniers étrangers était inadmissible, «surtout que nous avons, ici, des Canadiens qui veulent travailler».

Le gouvernement Harper prévoit faire le pont entre le système d'assurance-emploi et le programme des travailleurs temporaires étrangers, afin de s'assurer que les Canadiens soient mis au courant des besoins des employeurs.

On ignore pour l'instant quel impact cette mesure pourrait avoir sur les allées et venues des travailleurs étrangers.

Mme Espinosa, qui était à Ottawa pour une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a toutefois déclaré qu'elle n'était pas inquiète face à ces changements.

«Il est normal que face à des difficultés financières et un taux de chômage à la hausse, il y ait des inquiétudes sur les programmes de travailleurs temporaires et le fait qu'ils puissent prendre les emplois disponibles des mains de personnes qui ne travaillent pas. Mais je pense que l'histoire démontre que dans la majorité des cas, ce n'est pas du tout ce qui se passe», a plaidé Mme Espinosa.

Elle a rappelé que le Canada et les États-Unis souffraient encore de pénuries de main-d'oeuvre dans certaines industries, et ce peu importe les chiffres de taux de chômage sur le territoire.

«Je crois qu'il est important d'examiner le marché du travail de façon plus approfondie, sans verser dans une approche aussi politique», a ajouté Mme Espinosa.

«Notre objectif commun devrait être la création d'un cadre d'immigration très organisé, contrôlé et légal de sorte que nous pourrons répondre aux manques du marché du travail, certains dans des secteurs hautement qualifiés, d'autres dans des industries qui le sont moins», a-t-elle indiqué.

Dans un communiqué, le ministre Baird a louangé le Mexique, le décrivant comme un État allié inébranlable et un important partenaire commercial, sans toutefois faire mention du programme des travailleurs étrangers.

«La priorité numéro 1 de notre gouvernement demeure les emplois, la croissance et la prospérité à long terme», a-t-il déclaré.

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