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"Sérieuses préoccupations" pour les droits de l'Homme en Irak, selon l'ONU

30/05/2012 09:26 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

La situation des droits de l'Homme en Irak demeure "fragile" et continue de susciter de "sérieuses préoccupations", selon un rapport de la mission de l'ONU en Irak (UNAMI) paru mercredi.

"La situation des droits de l'Homme en Irak demeure fragile à l'heure où le pays poursuit sa transition après des années de dictature, de conflit et de violence vers la paix et la démocratie", souligne l'UNAMI qui relève toutefois une "amélioration" dans la région autonome du Kurdistan (nord).

Si le gouvernement irakien a fait "des progrès dans la mise en oeuvre de mesures de protection et de promotion" de ces droits, leur "impact sur la situation générale des droits de l'Homme est resté limité", déplore le rapport.

"Ce rapport met en lumière un certain nombre de manquements, dont certains suscitent des préoccupations sérieuses et doivent être abordés de façon urgente par les autorités. Il n'y a pas de démocratie sans respect des droits de l'Homme", a souligné l'envoyé spécial de l'ONU en Irak, Martin Kobler, selon un communiqué.

Les Irakiens, hors Kurdistan, demeurent soumis à un niveau élevé de violences, et nombre de civils sont attaqués en raison de leur ethnie ou religion, souligne le rapport en rappelant les attentats régulièrement commis à l'encontre de pèlerins chiites, ou de chrétiens.

L'application de la justice et du droit est "faible" alors que les arrestations et détentions arbitraires demeurent fréquentes, selon le texte. "La situation dans les prisons et centres de détention est aussi un grand sujet de préoccupation".

Les femmes et fillettes sont toujours victimes de violences, notamment de "soi-disant 'crimes d'honneur'" et l'ONU note que le gouvernement irakien n'a fait "aucune tentative" de révoquer les lois permettant des peines plus légères dans les cas impliquant "l'honneur".

Enfin, la pauvreté, le chômage, la stagnation économique, la mauvaise qualité des services et la dégradation de l'environnement continuent d'affecter la vie d'une grande partie de la population, note le rapport.

La haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, relève pour sa part que le droit à la liberté d'expression est "fondamental" et appelle les autorités à faire en sorte que journalistes et défenseurs des droits de l'Homme puissent accomplir leur travail sans crainte.

ahe/tp

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