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Soudans: deuxième jour de négociations à Addis Abeba

30/05/2012 11:56 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Les négociations entre le Soudan et le Soudan du sud ont repris mercredi à Addis Abeba pour la deuxième journée consécutive pour tenter de résoudre les différends entre les deux voisins et éviter une reprise des hostilités.

Les discussions se déroulent dans une ambiance "neutre", a simplement commenté en fin de journée Pagan Amum, le négociateur pour le Sud-Soudan.

Les deux pays avaient repris mardi à Addis Abeba des pourparlers de paix interrompus début avril après de violents combats à leur frontière commune.

Le négociateur en chef du Soudan, Idriss Mohammed Abdel Qadir, et son homologue sud-soudanais Pagan Amum, s'étaient rencontrés mardi en fin d'après-midi en présence du médiateur de l'Union africaine, l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, et de l'émissaire américain pour les deux pays Princeton Lyman.

Depuis sa capitale Juba, le Soudan du Sud a salué mercredi l'annonce du retrait soudanais de la région contestée d'Abyei, se demandant toutefois à ce stade si ce repli serait réellement mis en oeuvre.

"Nous saluons bien sûr la décision de la République du Soudan (...) c'est un signe de paix," a déclaré le ministre sud-soudanais de l'Information, Barnaba Marial Benjamin.

Le responsable attend cependant de voir l'annonce se concrétiser, car, selon lui, Khartoum a l'habitude de "dire une chose et d'en faire une autre".

"Nous avons affirmé très clairement notre position qu'il s'agit d'un retrait partiel, les SAF (armée soudanaise) ont laissé derrière elles deux patrouilles", a cependant affirmé à Addis Abeba Pagan Amum.

"Nous appelons le Soudan à retirer toutes ses forces, comme l'exige la résolution" de l'ONU, a-t-il ajouté.

Le retrait était orchestré le jour où les deux voisins reprenaient leurs négociations de paix, interrompues début avril après des combats d'une violence sans précédent depuis que le Soudan du Sud a acquis son indépendance en juillet 2011.

Les pourparlers d'Addis Abeba sous l'égide de l'Union africaine visent à régler les différends qui opposent toujours les deux pays, plus de dix mois après la partition du Soudan en juillet 2011.

Abyei, occupée par les troupes de Khartoum pendant un an, est un des points de contentieux majeurs.

Mais Khartoum et Juba doivent, plus généralement, se mettre d'accord sur la démarcation d'environ un cinquième de leur frontière commune.

Les deux capitales n'arrivent pas non plus à se mettre d'accord sur le partage des ressources pétrolières: le Soudan du Sud a hérité des trois quarts des réserves du Soudan d'avant partition mais reste entièrement dépendant des infrastructures du Nord pour exporter son brut.

Le Soudan et le Soudan du Sud s'accusent aussi mutuellement d'alimenter des groupes rebelles chacun sur le sol de l'autre.

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