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Nucléaire: il faut arrêter l'Iran tant qu'il en est encore temps (Barak)

30/05/2012 05:59 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a affirmé mercredi qu'il fallait bloquer le programme nucléaire controversé de l'Iran avant qu'il ne soit "trop tard".

L'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, qui participait avec M. Barak à une conférence internationale sur la sécurité à l'Université de Tel-Aviv, a de son côté affirmé que son pays n'avait "pas l'intention de poursuivre indéfiniment les discussions", ajoutant: "Le créneau se réduit".

M. Barak a jugé qu'il n'était "pas possible de dormir tranquille alors que les Iraniens continuent d'avancer dans leur programme, il faut trouver le moment propice avant qu'il ne soit plus possible d'agir".

"On ne doit pas attendre qu'ils acquièrent la capacité nucléaire, qu'ils construisent (la bombe), la déploient et se préparent à l'activer, et agir seulement après. Parce que quand c'est trop tard, on ne peut plus rien faire", a mis en garde le ministre de la Défense.

Soulignant que "toutes les options sont sur la table", en allusion à une possible attaque contre les installations nucléaires iraniennes, M. Barak a assuré que "personne dans le monde ne conteste le fait qu'Israël, contrairement à d'autres pays, ne peut pas se permettre de ne pas tenir compte de ce défi".

A propos des Etats-Unis, M. Barak a réaffirmé qu'il y avait des "différences d'approche (...) notre échelle de temps est différente" face au nucléaire iranien. "L'administration américaine sait qu'en fin de compte Israël est seul responsable de sa sécurité", a-t-il ajouté.

M. Shapiro a pour sa part assuré que "comme Israël, les Etats-Unis considèrent que l'Iran doit suspendre l'enrichissement d'uranium". "La politique américaine est d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, pas d'apprendre à vivre avec celle-ci".

"Nous n'avons pas l'intention de poursuivre indéfiniment les discussions pour l'amour de la discussion. Le créneau se réduit", a estimé l'ambassadeur américain.

"Nous ne nous faisons aucune illusion sur le fait que l'Iran puisse chercher à gagner du temps. C'est à l'Iran de prouver qu'il est sérieux", a-t-il ajouté.

Selon M. Shapiro, "des divergences significatives" sont apparues à Bagdad. "Il y a cependant un étroit terrain d'entente commune" qui servira de socle à la prochaine réunion des "5+1" à Moscou les 18 et 19 juin.

L'ambassadeur a souligné que les "sanctions les plus dures" contre l'Iran étaient encore à venir mais que "les Etats-Unis n'excluent aucune option afin d'empêcher un Iran nucléaire".

L'administration du président Barack Obama a toutefois clairement affirmé qu'à ce stade elle privilégiait la voie diplomatique.

Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé le groupe "5+1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) d'avoir réduit ses exigences en réclamant la semaine dernière que l'Iran n'enrichisse plus d'uranium au-delà de 5% et transfère à l'étranger son stock actuel d'environ 100 kilos d'uranium enrichi à 20%.

L'enrichissement d'uranium est au centre des inquiétudes de la communauté internationale, l'Occident soupçonnant Téhéran de dissimuler un volet militaire sous couvert d'un programme pacifique.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a assuré mercredi que l'enrichissement d'uranium à 20% n'était "pas un pas vers la bombe" atomique.

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