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Nouvelle réunion du Conseil de sécurité après le massacre de Houla

30/05/2012 11:38 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont entamé mercredi une réunion à huis clos consacrée à la situation en Syrie quatre jours après le massacre de Houla (centre de la Syrie).

Ils ont entendu un compte-rendu de Jean-Marie Guéhenno, adjoint du médiateur international Kofi Annan, qui s'exprimait par vidéoconférence depuis Genève, et du chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous.

Ceux-ci ont dressé un tableau "lugubre" des massacres qui se sont déroulés à Houla la semaine dernière ainsi qu'à Assukar, près de Deir-Ezzor (est), ont indiqué des diplomates.

M. Guéhenno a souligné la nécessité de lancer "un véritable processus politique pour rompre le cycle de la violence en Syrie", selon un diplomate présent. Mais, selon un autre diplomate, M. Guéhenno a reconnu qu'un dialogue direct entre pouvoir et opposition était pour le moment impossible et a exprimé de "sérieux doutes" sur la volonté de Damas d'appliquer le plan de paix de Kofi Annan.

Selon l'ONU, au moins 108 personnes, dont 49 enfants, ont été tuées vendredi et samedi à Houla, atteintes par des éclats d'obus ou tuées à bout portant.

Les observateurs ont aussi découvert mardi soir les corps de 13 personnes dans la zone d'Assukar, à 50 km à l'est de Deir-Ezzor. Les corps "avaient les mains liées derrière le dos, et certains semblent avoir été tués d'une balle dans la tête tirée à courte portée", selon le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général norvégien Robert Mood.

A l'ouverture de la réunion du Conseil, l'ambassadeur allemand auprès de l'ONU Peter Wittig avait exprimé le souhait que le massacre de Houla "ouvre les yeux de certains pays membres", en référence implicite à Moscou et Pékin. Ces deux pays continuent de protéger le régime syrien en bloquant les initiatives du Conseil contre Damas.

Selon M. Wittig, le Conseil devait évoquer une éventuelle augmentation du nombre des observateurs de l'ONU sur place (300 environ actuellement) et la manière dont il devrait réagir à la "violation flagrante" de ses décisions que constitue le massacre de Houla.

Le Conseil avait adopté dimanche à l'unanimité une déclaration condamnant le gouvernement syrien pour ce massacre, qui a conduit de nombreux pays, dont la France, les Etats-Unis et le Japon, à expulser des représentants diplomatiques syriens.

La Russie a cependant jugé mercredi "prématurée" toute nouvelle initiative de l'ONU contre la Syrie et a qualifié de "contreproductif" le renvoi des ambassadeurs syriens.

Au cours de la réunion du Conseil, le représentant russe Vitaly Tchourkine a maintenu cette attitude intransigeante, selon un diplomate présent. M. Tchourkine a ainsi fait valoir que l'opposition syrienne ne respectait pas non plus le plan Annan et refusait tout dialogue avec Damas.

En 14 mois, les violences en Syrie ont fait plus de 13.000 morts, dont plus de 1.800 depuis le début de la trêve supervisée par les observateurs de l'ONU, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

En visite en Jordanie mercredi, Kofi Annan a estimé qu'"une intensification des efforts internationaux est nécessaire pour (...) mettre fin aux violences".

avz/sj

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