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Mauritanie: 7 anti-esclavagistes inculpés d'atteinte à la sécurité de l'Etat

30/05/2012 08:29 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Le président et six membres d'une ONG anti-esclavagiste mauritanienne, qui avaient brûlé fin avril des livres religieux musulmans, ont été inculpés notamment d'"atteinte à la sécurité de l'Etat" et écroués, a appris l'AFP mercredi de source judiciaire.

Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et ses six co-inculpés figuraient parmi dix militants de l'IRA qui avaient été entendus le 2 mai par le procureur de la République à la suite de leur autodafé controversé.

Renvoyés devant la police pour "complément d'enquête" par le procureur, les dix militants anti-esclavagistes avaient été gardés à vue avant d'être déférés de nouveau mercredi devant le parquet, selon une source judiciaire.

Ils ont été ensuite présentés à un juge qui a libéré trois d'entre eux mercredi. Les sept autres ont été inculpés de "création d'une organisation non autorisée et atteinte à la sécurité" de l'Etat, a indiqué la même source judiciaire.

Toujours selon cette source, l'incinération de livres religieux qui a provoqué un tollé général dans le pays constitue une "atteinte à la sécurité" de l'Etat.

Le président de l'IRA, Biram Ould Dah Ould Abeid, un descendant d'esclaves, connu pour son combat contre l'esclavage et son opposition au pouvoir du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, est accusé d'avoir ordonné et organisé l'incinération le 27 avril d'ouvrages de référence des sciences islamiques, de rite malékite, reprochant à leurs auteurs d'avoir justifié la pratique de l'esclavage en Mauritanie au nom de l'islam.

Selon lui, l'incinération visait à "débarrasser la Mauritanie d'ouvrages musulmans dépassés qui incarnent et soutiennent la légalité de la pratique de l'esclavage".

Cette incinération publique avait provoqué des manifestations de colère de milliers de Mauritaniens à travers le pays, certains exigeant "vengeance" contre les membres de l'IRA.

L'IRA a dénoncé ces derniers mois plusieurs cas d'esclavage en Mauritanie où cette pratique n'est officiellement interdite que depuis 1981. Depuis 2007, l'esclavage y est reconnu comme un crime et ses auteurs sont passibles de dix ans de prison.

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