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L'Irak met à l'encan des contrats d'exploration pétrolière et gazière

30/05/2012 05:55 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

L'Irak, déterminé à donner un coup de fouet à sa production d'hydrocarbures pour financer sa reconstruction, a débuté mercredi la mise aux enchères de 12 blocs d'exploration de sites pétroliers et gaziers, en présence de nombreuses majors internationales.

Il s'agit du quatrième round d'enchères de ce type depuis 2009 et 47 compagnies étrangères ont été pré-sélectionnées pour participer à l'attribution des douze sites, sept pour le gaz et cinq pour le pétrole. Il se déroulera sur deux jours.

"Le principal objectif de ce round est d'accroître les réserves et d'entrer dans l'industrie du gaz naturel", a indiqué mercredi à l'AFP le ministre du Pétrole, Abdel Karim al-Luaybi.

"Il est différent des trois précédents, qui visaient à renforcer des gisements (existants). Ce round concerne l'exploration", a-t-il souligné. L'investisseur effectue des sondages dans le territoire alloué et s'il y trouve des hydrocarbures, il sera chargé dans un second temps de développer le gisement.

L'Irak pompe actuellement environ 3 millions de barils de pétrole par jour (mbj) dont 2,4 millions sont exportés, a indiqué le ministre. L'objectif est de passer cette année à respectivement à 3,4 mbj et 2,6 mbj, avait-il indiqué auparavant.

La question du pétrole est centrale en Irak: la vente de l'or noir représente environ 90% des recettes budgétaires et les deux tiers du PIB du pays, qui compte principalement sur cette manne pour financer sa reconstruction après des décennies de guerre et de sanctions et où une grande partie de la population vit dans la pauvreté.

Quant au gaz, dont l'Irak abrite des réserves considérables (estimées à 3.200 milliards de mètres cubes), il est destiné à alimenter la production d'électricité, très défaillante dans le pays.

Mais la séance de mercredi se déroule dans une atmosphère alourdie par le conflit qui oppose depuis des mois le gouvernement à la région autonome du Kurdistan (nord), qui revendique le droit de signer ses propres contrats énergétiques avec des entreprises internationales, ce que lui refuse catégoriquement Bagdad.

La major américaine ExxonMobil, qui a signé à l'automne dernier un contrat controversé avec le Kurdistan, s'est ainsi vu barrer l'accès aux enchères de mercredi. Et le gouvernement a prévu des clauses lui permettant d'annuler tout accord conclu lors du 4è round si l'entreprise retenue signe, sans son feu vert, un contrat avec le Kurdistan ou une autre province.

Le bras de fer autour d'ExxonMobil et un contentieux persistant sur la répartition de la manne pétrolière entre Bagdad et le Kurdistan font planer une forte incertitude sur l'avenir du secteur énergétique en Irak.

Cette 4e session, qui a été reportée à plusieurs reprises, se déroule dans une salle de conférence du ministère du Pétrole, et revêt parfois des allures de jeu télévisé, avec les responsables des enchères installés sur une estrade face à une urne transparente dans laquelle les groupes disposent de 15 minutes précises pour déposer leurs offres.

Mais sur les trois blocs proposés dans la matinée de mercredi, un seul a trouvé preneur. Il s'agit du bloc 9, un territoire de 900 km2 du sud du pays qui pourrait contenir du pétrole. Il a été attribué à un consortium de trois entreprises: Kuwait energy (40%), le groupe turc TPAO (30%) et le groupe émirati Dragon Oil (30%).

Comme lors des précédentes sessions, les groupes retenus doivent accepter d'être rémunérés sur une base fixe et non sur la base de contrats de partage de production, qui ont la préférence des grands groupes énergétiques. Pour le bloc 9, le consortium sera ainsi rémunéré 6,24 dollars par baril.

Les blocs 2 et 6, situés respectivement près des frontières syrienne et saoudienne, et qui pourraient receler du gaz naturel, n'ont en revanche suscité aucune candidature. Ils seront proposés de nouveau jeudi.

bur-ahe/vl

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