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Lesotho: le Premier ministre démissionne, faute de majorité (officiel)

30/05/2012 09:37 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre du Lesotho Pakalitha Mosisili a présenté sa démission mercredi, faute de majorité au Parlement où des partis d'opposition ont décidé de s'allier contre lui, a annoncé le secrétaire du gouvernement sortant Tlohang Sekhamane.

"Le Premier ministre vient de démissionner", a déclaré M. Sekhamane devant des journalistes.

A l'issue des élections disputées samedi, le parti de M. Mosisili n'a obtenu que 48 des 120 sièges du Parlement. Cinq partis d'opposition ont annoncé mercredi leur intention de créer une coalition disposant de 64 sièges pour gouverner.

Le chef de l'All Basotho Convention (ABC), Tom Thabane, avait annoncé dès mardi soir cette alliance: "Nous partageons le but de voir un Lesotho vraiment démocratique et puisque aucun de nos partis n'a le nombre (de députés suffisants) nous avons décidé de former une coalition", avait-il déclaré.

L'instauration d'une coalition est une première historique pour ce petit royaume montagneux de deux millions d'habitants totalement enclavé au coeur de l'Afrique du Sud. La situation était calme mercredi, mais le Lesotho n'a jamais connu d'alternance sans heurt depuis son indépendance en 1966.

Selon la mission d'observation dépêchée par le Commonwealth, le scrutin s'est déroulé de façon "pacifique et crédible". Il y a eu "quelques ratés" selon la mission, mais ils "n'ont pas affecté matériellement le déroulement des élections", selon un communiqué.

En 1998, bien qu'avalisée par les observateurs étrangers, la victoire écrasante du parti de M. Mosisili avait été violemment contestée, d'abord par des manifestations de rues suscitées par l'opposition, puis par une mutinerie au sein de l'armée.

Le risque d'un "coup d'Etat" avait alors été invoqué en septembre 1998 par M. Mosisili pour justifier une intervention militaire de l'Afrique du Sud voisine. Plusieurs jours d'émeutes et de pillages avaient fait au moins 75 morts, civils et militaires, laissant le centre de la capitale Maseru en ruines.

Selon les politologues locaux, le clientélisme reste un facteur important et les électeurs, notamment dans les zones rurales reculées, ont voté en fonction de la personnalité des candidats, ou par affinité régionale, plus qu'en fonction de programmes électoraux.

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