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L'envoi d'un colis au PCC contenant un pied est dénoncé par les partis à Ottawa

30/05/2012 11:14 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le Parti conservateur n'est pas le seul à avoir été visé par l'envoi de restes humains par la poste: le second colis contenant une main, intercepté chez Postes Canada, était destiné au Parti libéral.

Mardi, une employée au quartier général du Parti conservateur près du Parlement a eu la malchance d'ouvrir une boîte qui contenait un pied humain en état de décomposition.

Alors que la police faisait enquête, elle avait réussi à bloquer la livraison d'un second colis avant qu'il ne se rende à destination. Mercredi, le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a confirmé que le paquet portait l'adresse du Parti libéral du Canada à Ottawa.

Le SPVM a pris en charge l'enquête après qu'il eut été déterminé que les deux colis avaient été postés à Montréal et que la main et le pied provenaient du même corps.

Toute cette affaire est également liée à la découverte d'un torse d'homme dans une valise déposée dans une ruelle de Montréal.

Des ministres conservateurs ont qualifié le geste de «totalement dégueulasse» et de «troublant».

Les membres du parti refusent toutefois d'y voir un quelconque message lancé au gouvernement.

Selon le sénateur conservateur Don Plett, il s'agit du geste d'une «personne malade» qui a «décidé d'envoyer quelque chose».

«Cela ne veut pas forcément dire que le parti était visé», a-t-il commenté.

La suite des événements semble accréditer son opinion puisque le Parti libéral aurait aussi été une cible.

Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a commenté l'affaire mercredi, la qualifiant d'«épouvantable».

Refusant d'y voir une critique de son gouvernement, M. Kenney s'est contenté de dire que les circonstances de l'envoi ne sont pas encore connues.

«On ne sait pas les détails. Ça représente un crime totalement dégueulasse. On espère que les criminels responsables seront trouvés et seront imputables devant la loi», a déclaré le ministre lors d'un point de presse pour annoncer un financement pour la recherche sur le terrorisme.

«Un crime bizarre, à plusieurs niveaux», a-t-il ajouté.

Le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a eu une réaction similaire.

«C'est un développement troublant», a-t-il déclaré, refusant toutefois de commenter davantage en raison de l'enquête policière en cours.

Il ne veut pas se prononcer non plus sur de possibles risques de sécurité soulevés par cette affaire et n'a pas confirmé si des changements ont été apportés sur la Colline parlementaire.

Le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais ne voit pas non plus de message dans le geste.

«Je ne le pense pas. Premièrement, pourquoi il y aurait un message? Et pourquoi ça s'est retrouvé là? Je suis d'accord avec vous, ça s'est retrouvé devant le quartier général du Parti conservateur, mais encore là il faut laisser les policiers faire leur enquête», a-t-il indiqué.

«Il y a peut-être d'autres partis qui vont recevoir d'autres morceaux», a aussi commenté le sénateur, avant qu'il eut été rapporté que le second colis était destiné aux libéraux.

Le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) Alexandre Boulerice refusait aussi de voir dans cet envoi au Parti conservateur une critique des politiques du gouvernement.

«C'est extrêmement difficile de spéculer aujourd'hui. C'est juste des choses qui ne devraient jamais arriver», a-t-il dit.

Après avoir appris que les libéraux avaient été visés, le leader du NPD en Chambre, Nathan Cullen, a déclaré que cette affaire était déroutante et troublante pour tous les partis.

Il a avisé le personnel du NPD de faire attention avec les colis reçus.

«C’est une préoccupation réelle. C'est incroyable, c'est – wow. J'ai pas le mot ni en français ni anglais pour ça», a-t-il dit, en commentant l'affaire.

Des directives similaires ont été données aux employés du Parti libéral, a confié Sarah Bain, la directrice des communications du parti.

Mercredi après-midi, les députés libéraux ont refusé de commenter le fait que le second colis devait être livré à leurs bureaux.

Le député Denis Coderre a rappelé que l'enquête policière n'était pas terminée.

«Je ne vais pas aller là, parce qu'on n'a pas de preuves sur ce qui est arrivé au Parti libéral du Canada, mais c'est vraiment dégoûtant», a-t-il dit.

«C'est un mauvais film là, regarde, c'est carrément dégueulasse», a-t-il ajouté.

C'est Jenni Byrne, l'une des principales adjointes du premier ministre Stephen Harper, qui s'est fait remettre le colis douteux.

Le paquet était simplement adressé au parti — et pas à une personne en particulier — mais il a été apporté à Mme Byrne, l'une des principales employées au quartier général conservateur.

Elle a examiné le colis entaché de sang et alors qu'elle l'ouvrait, une odeur atroce s'en est dégagée.

«L'odeur était si horrible, je suis certain que plusieurs d'entre nous ne vont pas l'oublier», a déclaré Fred DeLorey, un stratège et porte-parole conservateur.

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