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Le départ d'Assad, seul moyen de sauver le plan Annan, estime l'opposition

30/05/2012 09:04 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

L'opposition syrienne a jugé mercredi que le départ du président Bachar al-Assad était le seul moyen de sauver le plan du médiateur international Kofi Annan, au moment où de nouveaux pays annonçaient l'expulsion de diplomates syriens de leurs capitales.

Sur le terrain, les combats ont fait rage entre armée et rebelles, faisant 19 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au lendemain d'une journée particulièrement sanglante, avec 98 personnes tuées, dont 13 exécutées sommairement.

"Une entente internationale pour un départ d'Assad est le seul moyen de sauver le plan Annan et de trouver une solution politique, faute de quoi la situation risque d'exploser et menacera toute la région", a estimé le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

Dans un communiqué, le CNS cite aussi un entretien téléphonique entre son chef Burhan Ghalioun et le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, durant lequel l'opposant a appelé la communauté internationale à "agir rapidement pour mettre fin aux massacres".

La position de la Russie encourage le régime à commettre des "crimes sauvages", a ajouté le CNS.

La Russie, alliée de Damas, a été très critiquée ces derniers mois pour avoir fait obstruction au Conseil de sécurité de l'ONU à des résolutions condamnant le régime syrien pour sa répression de la révolte lancée en mars 2011.

Le CNS avait appelé la veille le Conseil de sécurité à adopter une résolution autorisant le recours à la force.

Mercredi, le Japon et la Turquie ont emboîté le pas à de nombreux pays occidentaux en annonçant l'expulsion des diplomates syriens de leurs capitales, en représailles au carnage de Houla, dans le centre de la Syrie, où 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées vendredi et samedi.

Un haut responsable de l'ONU a affirmé avoir de "forts soupçons" sur l'implication des miliciens pro-régime dans cette tuerie, ce qu'a démenti Damas qui a parlé d'une attaque "terroriste", reprenant la rhétorique officielle attribuant les violences en Syrie à des groupes "terroristes", en référence à l'opposition.

Dans la nuit de mardi à mercredi, l'OSDH avait fait état d'un nouveau "massacre" de 13 civils dans la région de Deir Ezzor (est).

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, s'est dit mercredi "profondément perturbé" par cette nouvelle découverte macabre.

"Tous les corps avaient les mains liées derrière le dos et certains semblent avoir été tués d'une balle dans la tête à bout portant", écrit-il dans un communiqué, parlant d'un acte "épouvantable".

M. Annan avait appelé mardi à Damas M. Assad "à prendre des mesures courageuses maintenant".

En Jordanie mercredi, il a estimé qu'"une intensification des efforts internationaux est nécessaire pour (...) mettre fin aux violences".

Mais devant l'incapacité des observateurs à faire arrêter les violences, qui ne connaissent aucun répit malgré la trêve entrée théoriquement en vigueur le 12 avril, plusieurs pays occidentaux, notamment la France, ont évoqué l'éventualité d'une intervention militaire.

Mardi, le président français François Hollande a déclaré ne pas exclure une intervention armée, "à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international". L'Australie et la Belgique se sont dit prêtes à envisager une telle intervention, sous mandat de l'ONU.

Le Luxembourg a cependant estimé que "la probabilité que les cinq puissances disposant d'un droit de veto s'entendent sur une intervention militaire est égale à zéro". Et l'Allemagne a dit ne voir aucune raison de "spéculer sur des options militaires".

Moscou a jugé un tel examen "prématuré" et Pékin a répété être "opposé à une intervention militaire".

En Syrie, la presse officielle a dénoncé les expulsions des diplomates et le ministère des Affaires étrangères a annoncé l'expulsion de la chargée d'affaire des Pays-Bas, l'une des dernières diplomates occidentales en poste à Damas.

La Russie a qualifié les expulsions de diplomates syriens de mesure "contreproductive" car "les canaux importants (...) d'influence sur le gouvernement syrien (...) sont désormais fermés".

En 14 mois de révolte, les violences ont fait plus de 13.000 morts, dont plus de 1.800 depuis le début de la trêve, selon l'OSDH.

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