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Irak/enchères pétrolières: seul un bloc attribué à la fin de la 1ère journée

30/05/2012 08:09 EDT | Actualisé 30/07/2012 05:12 EDT

L'Irak, déterminé à donner un coup de fouet à sa production d'hydrocarbures pour financer sa reconstruction, a entamé mercredi la mise aux enchères de 12 blocs d'exploration de sites pétroliers et gaziers, mais la première journée s'est achevée sur un résultat décevant.

Il s'agit du quatrième round d'enchères de ce type depuis 2009 et 47 compagnies étrangères avaient été pré-sélectionnées pour participer à l'attribution des douze sites, sept pour le gaz et cinq pour le pétrole.

"Le principal objectif de ce round est d'accroître les réserves et d'entrer dans l'industrie du gaz naturel", a expliqué à l'AFP le ministre du Pétrole, Abdel Karim al-Luaybi.

"Il est différent des trois précédents, qui visaient à renforcer des gisements (existants). Ce round concerne l'exploration", a-t-il souligné.

Mais la première des deux journées prévues s'est achevée mercredi sur un constat très mitigé, avec seulement un bloc attribué sur les six proposés, nombre d'entre eux ne recevant même aucune offre.

Seul le bloc 9, un territoire de 900 km2 au sud du pays qui pourrait contenir du pétrole, a été attribué, à un consortium composé de Kuwait energy (40%), du groupe turc TPAO (30%) et du groupe émirati Dragon Oil (30%).

Quatre autres (2, 6, 11 et 1) n'ont reçu aucune offre d'investisseurs. Quant au numéro 12, il a suscité une seule offre, rejetée car jugée trop basse. Deux des blocs non attribués seront proposés de nouveau jeudi, a indiqué Abdel Mehdi al-Amidi, responsable en charge des contrats et licences au ministère.

"Nos estimations ne nous permettent pas (d'offrir une rémunération) dont nous pensons qu'elle pourrait nuire à l'intérêt de la nation", a-t-il dit, interrogé sur l'apparent manque de succès des enchères.

"Les estimations des deux camps ne coïncident pas, ce qui s'est traduit par un manque d'intérêt des entreprises", a-t-il souligné.

"Je pense qu'il fallait s'y attendre et c'est sans aucun doute une déception pour le ministère du Pétrole, mais cela devrait leur donner l'occasion de repenser aux termes et au modèle" qu'ils ont proposés, juge pour sa part l'experte Ruba Husari, qui dirige le site spécialisé Iraq Oil Forum.

"L'exploration est trop risquée et personne n'allait parier de grosses sommes sur quelque chose qui n'est même pas assurée de rapporter ce qui aura été investi", souligne-t-elle.

Comme lors des précédentes enchères, les groupes retenus doivent accepter d'être rémunérés sur une base fixe et non sur la base de contrats de partage de production, qui ont la préférence des grands groupes énergétiques. Pour le bloc 9, le consortium sera ainsi rémunéré 6,24 dollars par baril.

La question du pétrole est centrale en Irak, qui compte principalement sur cette manne pour financer sa reconstruction après des décennies de guerre et de sanctions.

L'Irak pompe environ 3 millions de barils de pétrole par jour (mbj) dont 2,4 millions sont exportés, a indiqué M. Luaybi. L'objectif est de passer cette année à respectivement à 3,4 mbj et 2,6 mbj.

Quant au gaz, dont l'Irak abrite des réserves considérables (estimées à 3.200 milliards de mètres cubes), il est destiné à alimenter la production d'électricité, très défaillante dans le pays.

Les enchères interviennent dans une atmosphère alourdie par le conflit qui oppose depuis des mois le gouvernement à la région autonome du Kurdistan (nord), qui revendique le droit de signer ses propres contrats énergétiques avec des entreprises internationales, ce que lui refuse catégoriquement Bagdad.

La major américaine ExxonMobil, qui a signé l'automne dernier un contrat controversé avec le Kurdistan, s'est ainsi vu barrer l'accès au quatrième round.

Et le gouvernement a prévu des clauses lui permettant d'annuler tout accord conclu si l'entreprise retenue signe, sans son feu vert, un contrat avec le Kurdistan ou une autre province.

bur-ahe/sbh

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